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jeudi 4 novembre 2010

Edouard Dubus, poète morphinomane


Après le portrait type des morphinomanes, la morphinomanie chez les femmes, le luxe et le morphinisme, voici un cas d'école des méfaits de la morphine sur un poète fin-de-siècle, à savoir Édouard Dubus (1864-1895), mort pathétiquement d'une surdose à 30 ans près d'une pissotière de la Place Maubert à Paris. Ce cas entre la catégorie des morphinomanes par snobisme raillé ici. Influencé par Baudelaire, de Quincey, les drogues, les paradis artificiels et l'occultisme (Huysmans le cite dans un texte hilarant et moqueur), Édouard Dubus cristallise tous les excès de la fin de siècle décadente. Dubus est l'auteur d'un unique recueil, Quand les violons sont partis, un titre aussi poétique qu'un roman wagnérien d'Elimir Bourges. En 1905, son recueil est réédité, augmenté d'une poignée de poèmes inédits dont "Les ailes folles", qui résume bien la pensée de l'auteur, pas si talentueux que ça et très drogué. Pour obtenir plus de renseignements, lire l'ouvrage indispensable d'Arnould de Liedekerke (REP), La Belle époque de l'opium, à l'origine un travail universitaire comme on voudrait en voir plus souvent, c'est à dire passionnant et lisible.

Ci-dessous le poème "Les Ailes folles", suivi de la préface de Laurent Tailhade aux oeuvres complètes d'Édouard Dubus, publiées en 1905.

Les ailes folles

Tu veux du Ciel, toujours du Ciel,
Et les ailes folles, tu voles
vers les décevantes idoles
D'un Éden artificiel.

Tu retombes de l'envolée,
Ta vieille foi mourante, et puis
Tu stagnes comme l'eau des puits
Délabrés, trouble et désolée.

Alors une mauvais voix
T'exalte un amour de la terre
Et bas te conseille: "fais taire,
L'appel des songes d'autrefois".

Mais toujours tu réponds : je n'aime
Que les hauteurs vierges encore,
Je sais bien que mon vain essor
S'y brisera, je pars quand même.



Préface de Laurent Tailhade aux œuvres complètes :

Le 20 juin 1895, vers 4 heures de l'après-midi, fut trouvé aux latrines de la place Maubert le cadavre, gisant, d'un inconnu. Mort foudroyante ou syncope ? Les garçons de police, mandés pour le constat, fouillèrent tout d'abord avec minutie chaque vêtement de l'étranger ; ensuite de quoi, prenant garde qu'il respirait encore ; le firent d'urgence conduire à la Pitié.

Une seringue de Pravaz, recueillie dans sa poche, ainsi que deux fioles contenant quelques gouttes d'une liqueur amère, donnaient la plus grande vraisemblance à l'hypothèse d'un suicide manqué.

Admis à l'hôpital sans que rien ne dévoilât son identité, l'agonisant de la place Maubert, expirait deux jours après. Il ne s'était point éveillé de la torpeur comateuse ; il n'avait pu fournir, avant l'heure suprême, aucun indice propre à désigner les siens.Dans l'amphithéâtre, la table de dissection attendait sa dépouille, parmi cette foule anonyme de cadavres qui, chaque jour, paient à la Science future une rançon de "chair à faire pauvreté".

Par bonheur, M. Jean Court, rédacteur au Mercure de France en même temps que secrétaire de police pour le quartier du Panthéon, apprenait la mort du suicide présumé.Le signalement rendu par les subalternes qui, dès la vespasienne de la Maub, avaient donné les premiers soins au malheureux, quelques indices dont le plus caractéristique, sans doute, fut l'outillage du morphinomane trouvé sur le défunt, éveillèrent les soupçons de M. Jean Court. Ce personnage mystérieux dont les jours s'achevaient d'une manière à la fois si triviale et si pathétique, n'était-ce point un confrère, un artiste faisant gloire de s'adonner à l'opium, au hachisch, à la cocaïne, sans préjudice de l'alcool et autres vulgaires excitants ?


La Belle époque de l'opium d'Arnould de Liedekerke : ouvrage essentiel.

M. Jean Court ne s'était pas trompé. Couché sur le marbre hideux, il eut vite fait de reconnaître son collaborateur au Mercure, son ancien ami, le poète Édouard Dubus, mort en la trente-deuxième année de son âge, emporté par la tuberculose, qu'aggravait sinistrement cette bizarre hygiène de poisons.

Les plus intimes du défunt, M. Alfred Vallette, directeur du Mercure de France, M. Georges Desplas, ancien président du Conseil municipal, communiquèrent en grande hâte à la mère d'Édouard Dubus le trépas misérable de son fils. Pour dérober le cadavre aux hommages posthumes, Mme Dubus qui, pareille à la mégère de Bénédiction, nourrissait contre l'enfant de ses entrailles, une haine hystérique, fit enlever nuitament ses restes de l'amphithéâtre, si bien M. Dubus le père, non plus que ses deux filles, ne durent assister aux obsèques du malheureux garçon. Le souvenir des cœurs amis, seul accompagna au cimetière la dépouille de l'abandonné qui, par l'ironique hasard de son méchant destin, venait d'être appelé à un héritage suffisant à l'exempter pour toujours des chaînes de la pauvreté.


What would you pay to see me in a cage ? Pete Doherty par Hedi Slimane. Bobo.

Un volume de vers au titre gracieux : Quand les violons sont partis, quelques rimes posthumes que l'on trouvera dans le présent recueil, forment, avec Les vrais sous-offs, brochure de circonstance publiée chez l'éditeur Savine, à la remorque de M. Lucien Descaves, tout le bagage imprimé d'Édouard Dubus. Malgré l'influence évidente de Mallarmé, de Baudelaire, de Verlaine et de Charles Cros (Complainte pour Don Juan, Cavalier Spleen), malgré des réminiscences et des emprunts candides, la joliesse des œuvrettes que M. A. Messein réunit fort à propos en un tome définitif, défendra de l'oubli ce poète nonchalant et délicat.

Avec son visage lunaire de Pierrot tuberculeux, sa bouche au rire enfantin, avec ses yeux gris de myope dont le regard ne peut embrasser le contour des choses, Dubus fut, malgré son esprit si fin, l'homme du monde le mieux organisé pour donner dans tous les panneaux tendus à sa crédulité. Ce fut un disciple, se conformant avec docilité aux Idoles du Maître, à qui le premier venu montrait la lune dans un sac et faisait prendre, non pour des lanternes, mais pour de reluisants soleils les plus abjectes vessies. Boulangisme, occultisme, symbolisme, perversité, Dubus adopta sans fatigue les calembredaines à la mode chez ses contemporains. De notre temps, il eût été malthusien ou silloniste, peut-être l'un et l'autre, car le besoin "d'imiter pour être original" lui conférait un éclectisme singulier.


Deux trainées anorexiques payées par des fils de pute. Bienvenue dans le 21è siècle.

La seringue trouvée sur lui à l'heure de sa mort ne le quittait pas depuis longtemps. Par esprit d'imitation, il buvait de l'absinthe comme Verlaine, il s'injectait de la morphine comme Guaïta. La "noire idole" de Quincey l'avait réduit en esclavage. Cette morne luxure des poisons où roule notre siècle d'hypocrisie et de douleur avait conquis cet enfant anémique, de sang trop pauvre pour lutter contre l'opium. Une fois conclu, le pacte diabolique, la victime ne se peut plus dédire sans un effort peu commun de volonté. Quiconque, au mépris de sa dignité, de son intelligence, voulut un soir goûter aux plantes endormeuses, engage sa vie à de rudes expiations, encourt la chance effroyable de ne voir jamais sa peine remise ou atténuée.Pourtant, ces herbes maudites du rêve et de la paresse ont adouci dans l'infini bercement du loisir embaumé tant de maux étendus sur le poète malade que sa mère abandonna ? "La vie - disait Chamfort - est un mal dont le sommeil repose toutes les seize heures. C'est un palliatif. La mort est le remède" Vous le savourez désormais, ce remède efficace, ami que nous déplorons encore. Ce n'est plus l'ivresse temporaire mais le sommeil infini qui vous délasse du mal d'avoir été, cependant que le souvenir de votre âme exquise, et les vers de vos jeunes saisons refleurissent perpétuellement votre image dans l'esprit, dans le cœur de ceux qui vous ont aimé.

dimanche 29 août 2010

The Libertines - Live @ Reading Festival (28.08.2010)


The Libertines a donné au festival de Reading, le 28 août 2010, le dernier de ses quatre concerts de "reformation". On ne sait toujours pas aujourd'hui si le groupe compte effectuer une tournée ou enregistrer un nouvel album.

Setlist
01) Horrorshow
02) The Delaney
03) Vertigo
04) Last Post On The Bugle
05) Tell The King
06) Boys In The Band
07) Music When The Lights Go Out
08) What Katie Did
09) What Became Of The Likely Lads
10) Can't Stand Me Now
11) Death On The Stairs
12) The Ha Ha Wall
13) Don't Look Back Into The Sun
14) Time For Heroes
15) Time For Heroes 2
16) The Good Old Days
17) Radio America/Up The Bracket
18) What A Waster
19) I Get Along

Bootleg : concert intégral à télécharger ici (téléchargement direct) ou là (torrent). L'enregistrement provient de la vidéo du concert, diffusé en direct par la BBC 3. Le son est donc excellent, de qualité professionnelle.


The Libertines : The Delaney.

jeudi 8 juillet 2010

Pete Doherty - Live @ La Cité de la Musique (07.07.2010)


Bootleg du concert cliquez ici.

Cinquième ou sixième concert de Pete Doherty à Paris cette année, cette fois-çi dans le cadre du festival Days Off. L'affiche annonçait "Pete Doherty + Guests". En vérité, c'est bien seul que le musicien débarque sur scène, accompagné de sa guitare et d'une bouteille de vin. Dans une salle aussi froide que celle de la Cité de la Musique, qui ressemble plus à une salle de mariage post-moderne, Pete Doherty n'a aucun mal à instauré une ambiance propice à un concert acoustique chaleureux et bon enfant. C'est bien sûr moins intimiste que son dernier concert à la Maroquinerie mais le cœur y est.


Comme ces derniers temps, en France ou à l'étranger, le concert de Pete mélange des chansons des Babyshambles, un ou deux classiques Libertines, des titres de son album solo, des morceaux plus anciens, parfois jamais sortis officiellement (comme ici "The Sweet by By/Song They Never Play On Radio" qui date pourtant de 2004) et des reprises : ici, une tentative de "Blue Moon" et "Robin Hood" d'Ocean Colour Scene. On se souvient que sur les séances d'enregistrement des Libertines de New York en 2003, Pete reprenait déjà seul à la guitare "Huckleberry Grove" d'Ocean Colour Scene, un groupe peu connu en France.



Le public a eu le droit à un peu de spectacle : c'est toujours amusant de voir le comportement de Pete Doherty entre les chansons. Pete a répondu à quelques demandes du public comme le titre "France" et "The Good Old Days" mais a refusé de jouer des chansons comme "The Boy Looked at Johnny" (ma demande personnelle), "Up The Bracket" ou "Music When The Lights Go Out".



Un bon concert donc, bien qu'un peu court : 65 minutes. Un quart d'heure supplémentaire n'aurait fait de mal à personne d'autant que le public était réellement conquis.

Setlist

1) Arcady
2) Last of the English Roses
3) Sweet By and By / Songs They Never Play On Radio
4) From Bollywood To Battersea
5) For Lovers
6) You're My Waterloo
7) Sheepskin Tearaway
8) France
9) Can't Stand Me Now
10) Blue Moon
11) Back From the Dead
12) Salomé
13) The Good Old Days
14) The Lost Art of Murder
15) Robin Hood (Ocean Colour Scene)
16) Smashing
17) Albion

lundi 10 mai 2010

Pete Doherty - Live @ La Maroquinerie (09.05.2010)




Deuxième concert de Pete Doherty à la Maroquinerie, annoncé seulement quelques jours avant la performance, comme le précédent, le 28 novembre 2008. Par bonheur, le bootleg du concert est déjà disponible en bas du post, grâce à la générosité de l'ingénieur du son... puisque le bootleg est un "sounboard", comme on dit.

En premières parties, Anto Dust, chanteuse folk très british ; puis Alan Wass, l'éternel protégé de Pete Doherty, qui n'arrive toujours pas à percé depuis plus de 5 ans et enchaîne les premières parties. Il a pourtant quelques bonnes chansons à son répertoire.


En grande forme et de bonne humeur, Pete Doherty monte sur scène à 21h30 pour la quitter à 22h40, après avoir délivré un bon set incluant des titres de son album solo, des classiques des Libertines, quelques raretés (la sympathique "Hooligans on E", au texte assez drôle) et même une nouvelle chanson. A noter, qu'à part "The Lost Art of Murder", aucun titre écrit avec les Babyshambles n'a été joué.

Bonne ambiance, bon public, pas trop de téléphones portables tenus à bout de bras par des groupies hystériques à la voix stridente. Pete Doherty s'amuse parfois avec le public, fait une pause clope, fait plaisir à certains en jouant des titres demandés à la sauvette. Étrangement, le concert se termine par un "For Lovers" poignant, interprété par un Pete ému qui venait de faire référence à l'auteur original du morceau, Wolfman, "probablement en train de mourir dans une cave", dixit Doherty. Un ange passe.

Le prochain rendez-vous avec l'artiste est prévu pour le 7 juillet. A moins d'un nouveau concert impromptu.


Extrait de la nouvelle chanson de Pete Doherty.


"What Katie Did", classique parmi les classiques.

Setlist
01. Lady Don’t Fall Backwards
02. From Bollywood To Battersea
03. Last Of The English Roses
04. Dilly Boys
05. What A Waster
06. Love Reign O’er Me
07. You’re My Waterloo
08. Ballad of Grimaldi
09. Time For Heroes
10. The Lost Art Of Murder
11. Music When The Lights Go Out
12. New Song (« You’re Going Nowhere »)
13. The Good Old Days
14. Salomé
15. Albion
16. Can’t Stand Me Now
17. What Katie Did
18. Hooligans On E
19. For Lovers

Bootleg "soundboard" du concert : http://www.sendspace.com/file/s4ilqa

mardi 6 octobre 2009

Pete Doherty au Zénith (05.10.2009)




Nouvelle date de Pete Doherty à Paris pour soutenir son album solo Grace/Wastelands après ses deux excellents concerts du Bataclan les 9 et 10 mars derniers). En première partie, Adam Ficek, le batteur des Babyshambles et unique membre du groupe Roses Kings Castles, livre un concert acoustique de 15 minutes avant de laisser la place à Dot Allison, elle aussi seule à la guitare, qui interprète des morceaux de son dernier album Room 7 1/2, ainsi que "Teardrop" de Massive Attack.

Dot Allison : Room 7 1/2.

S'ensuit un concert de Graham Coxon, ancien guitariste de Blur, guitariste sur l'album solo de Pete Doherty et auteur du récent album Spinning Top. Soutenu par un groupe batterie/basse/choristes, Graham Coxon, une personnification possible de l'anti-charisme, commence à la guitare acoustique avant de se mettre à l'électricité et de délivrer des soli bruitistes dans le style de Sonic Youth (et des albums de Blur : Blur et 13) noyés dans les pédales d'effets et la saturation. Un bon concert de 30 minutes.

Graham Coxon : un excellent guitariste.

A 21h50, le public s'impatiente et on entend les inévitables personnes lourdingues du public (des filles et des mineurs, parfois les deux en même temps) s'emporter contre Pete Doherty et ses annulations de concerts (tout en sachant qu'en France, à part le premier concert de Babyshambles au Bataclan en 2006, commencé à 23h, et à part une annulation au Grand Rex en 2008 à cause d'une défaillance de l'Eurostar, Pete Doherty n'a jamais raté un concert à Paris). Finalement, l'artiste arrive sur scène sous les cris hystériques de ceux, surtout celles, qui proféraient des propos menaçants à son encontre cinq minutes auparavant. Les gens sont formidables. Après quelques mouvements de foule violents et toujours sympathiques qui font le ménage dans les premiers rangs (les moins de 12 ans décident sagement de rejoindre les gradins), le public se calme et peut alors se livrer à cette véritable plaie des concerts : sortir son téléphone portable et filmer le concert au lieu de le regarder. A part ça, le concert est bon mais moins transcendant que ceux du Bataclan. De fait, le Zénith est une salle trop grande dépourvue de caractère, et la voix du chanteur est tantôt inaudible tantôt noyée dans un écho pénible. Une solution : qu'on détruise le Zénith ou qu'on embauche de véritables ingénieurs du son.

Setlist initiale du concert : finalement, "Palace of Bone", "New Love Grows on Trees", "What Katie Did" et "Through the Looking Glass" ne seront pas jouées. Too bad.

Comme pour les concerts du Bataclan, Pete Doherty est entouré d'un groupe et d'un trio à cordes. On remarque que le producteur Stephen Street joue de la guitare sur presque tous les morceaux. Les meilleurs moments sont incontestablement l'enchaînement de "32nd of December" et "A Rebours" du premier album des Babyshambles, Down In Albion, et le rappel : "Bollywood to Battersea", "Time for Heroes", dédicacée à John et Sean Lennon, et l'inévitable "Fuck Forever" où Pete monte sur la batterie d'Adam Ficek avant de s'y vautrer. Destroy and funny. Ni excellent ni mauvais, ce concert est en partie gâché par une salle froide inadéquate à des concerts et un manque d'engagement de Pete Doherty, visiblement distant. Vivement le prochain Bataclan.


Setlist:
1) Last of the English Roses
2) A Little Death around the Eyes
3) Salomé
4) For Lovers
5) Back From the Dead
6) Lady Don't Fall Backwards
7) Ballad of Grimaldi (solo)
8) Forever Blowing Bubbles (solo)
9) Don't Look Back Into the Sun (solo)
10) Music When the Lights Go Out (solo)
11) Aracadie
12) 1939 Returning
13) Sheepskin Tearaway (avec Dot Allison)
14) 32nd of December
15) A Rebours
16) Sweet By and By
17) Broken Love Song
18) Albion
19) Bollywood to Battersea
20) Time For Heroes
21) Fuck Forever

vendredi 26 juin 2009

Michael Jackson et le film muet de Pete Doherty

REP Michael Jackson (1958-2009)

Cinq décennies après Greta Garbo, Michael Jackson pose avec un tigrou
pour pour la pochette du chef-d'œuvre Thriller (1982).

En ce jour de deuil musical, rien de tel que de regarder une vidéo de Pete Doherty, autre grand artiste qu'on espère ne pas voir mourir à 50 ans. Et surtout dont on n'espère pas voir le talent s'effacer comme ce fut le cas du bon Michael au fil des ans, ne parvenant qu'a livrer quelques clips et singles alléchants après son âge d'or des années 1980. On se souvient tout de même de ce réjouissant "You Rock my world" en 2001 dont le clip rivalisait avec ceux de "Thriller", "Smooth Criminal" et "Black or White". "You Rock my world" mettait quand même en scène Chris Tucker, Billy Drago (qui est passé par la moulinette de Takashi Miike pour l'effroyable Imprint en 2006) et le géant Marlon Brando pour sa dernière apparition cinématographique.

Un triste jour donc...

Reprenons-nous et laissons place à ce bon vieux Pete Doherty qui aurait sûrement fait un très bon acteur du muet tant sa démarche et ses mimiques faciales sont expressives. Un régal pour les réalisateurs.

jeudi 12 mars 2009

Pete Doherty au Bataclan (10.03.2009)


Second concert de Pete Doherty au Bataclan. Vers 20h15, un bus anglais à deux étages se gare devant la salle. A l'intérieur, Pete pousse la chansonnette devant une dizaine de gagnants à un concours Virgin Radio.


Paris by night with Pete Doherty: "Can't Stand Me Now"


Le concert est à peu près le même que celui de la veille. Pete commence seul par "Your My Waterloo" avant d'être rejoint par le groupe: trio à cordes, Drew, Adam, Graham Coxon et compagnie. Un groupe bien rôdé qu'on a plaisir à entendre. "I Am the Rain" et le jazzy "Sweet By and By" font forte impression. Mais c'est surtout le rappel qui met les choses au point. L'enchaînement de "Side of the Road", "Time for Heroes" et Fuck Forever" provoque une succession de pogos plus ou moins sauvages. Et il y a encore des gens pour douter du talent de Pete Doherty ?


"Music When the Lights Go Out"

Setlist:
1) You’re my Waterloo (solo)
2) Arcadie
3) Last of the English Roses
4) 1939 Returning
5) A Little Death Around the Eyes
6) Salomé
7) Through The Looking Glass
8) Palace Of Bone
9) Love Reign O’er Me (solo)
10) Music When the Lights Go Out (solo)
11) The Good Old Days (solo)
12) I Am the Rain (avec Jack Robinson)
13) Sheepskin Tearaway (avec Dot Allison)
14) Lady, Don't Fall Backwards
15) Sweet By and By
16) New Love Grows on Trees
17) Broken Love Song
18) Albion
19) Back From the Dead
20) Side of the Road
21) Time for Heroes
22) Fuck Forever

PS : courtoisie à LBG pour les vidéos et les photos.

Pete Doherty au Bataclan (09.03.2009)

The boy is back in town. Une semaine avant la sortie de son très bon album solo Grace/Wastelands, Pete Doherty donne deux concerts au Bataclan. En solo ? Pas vraiment puisque la scène accueille parfois jusqu'à neuf musiciens sur scène: un trio à corde, un joueur de mélodica, un pianiste, Adam Ficek à la batterie, Drew McConnell à la basse et Graham Coxon à la guitare. Le guitariste de Blur a d'ailleurs participé à la conception de Grace/Wastelands.

Le concert commence avec Pete seul à la guitare pour le classique des Libertines "Music When the Lights Go Out". Le reste du concert alterne les titres de l'album solo joué en groupe et une petite partie acoustique solo où Pete reprend quelques titres des Libertines dont "Don't Look Back into the Sun".

Grace/Wastelands: l'album tant attendu...

Les points forts du concert sont "The Last of the English Roses", "Palace of Bones", "Broken Love Song" et le final "Times for Heroes". D'un point de vue général, le concert est excellent, sans temps mort, avec un groupe au point et un Pete en grande forme. Et très heureux puisqu'il termine le concert par un slam pour le bonheur du public et du service de sécurité.


"Time for Heroes" et le slam de Pete.

Setlist:
1) Music When the Lights Go Out (solo)
2) Arcadie
3) Last of the English Roses
4) 1939 Returning
5) A Little Death Around the Eyes
6) Salomé
7) Through the Looking Glass
8) Palace of Bone
9) Death on the Stairs (solo)
10) Tell the King (solo)
11) Don't Look Back Into the Sun (solo)
12) I Am the Rain (avec Jack Robinson)
13) Sheepskin Tearaway (avec Dot Allison)
14) Lady Don't Fall Backwards
15) The Sweet By and By
16) New Love Grows on Trees
17) Broken Love Song
18) Albion
19) Ballad of Grimaldi (solo)
20) Time for Heroes

samedi 29 novembre 2008

Pete Doherty @ La Maroquinerie (28.11.2008)

(photo Oliver Peel)

Concert événement de l'enfant terrible du rock anglais, Pete Doherty, de passage à Paris pour l'enregistrement de son album solo, véritable arlésienne, puisque cet album est mentionné depuis plusieurs années. Programmé seulement le mercredi 26, les 500 places du concert se sont vendues en quelques heures.

A 20h30, les portes de la Maroquinerie sont toujours fermées et une longue queue de fans attend patiemment dans le froid, filmée par une équipe de télé. Puis, au bout de la rue, arrive Pete, à pied, chapeau sur la tête et étui de guitare à la main. La grande classe. Applaudissements nourris, cris stridents de groupies, évanouissements d'adolescentes, etc...

Pete fumera plusieurs cigarettes sur scène. Un vrai dur, ce Pete ! (photo Oliver Peel)

Les portes de la Maroquinerie s'ouvrent enfin vers 21h et Pete monte sur scène à 21h15 alors que tout le monde n'est pas entré dans la salle. Dommage puisque Pete ouvre le bal avec "Alone Again Or", une reprise de Love, extraite du mythique album Forever Changes. Pete quitte la scène et laisse la place à Miggles, un français, qui joue trois morceaux, puis Pete revient et interprète "Beg Steal or Borrow"... avant de partir et de présenter un autre groupe français, The Nellingtons, copieusement sifflé par la foule qui veut voir Pete jouer. Le calvaire des Nellingtons durera le temps de trois chansons et le concert de l'ex-Libertines commence enfin.

(photo Oliver Peel)

Pete joue deux morceaux qui seront peut-être sur son album: "New Love Grows On Tree" et "Palace Of Bone". Sinon le set mélange des titres anciens (l'excellent "Bucket Shop"), des titres des Libertines ("What A Waster" et "Don't Look Back Into The Sun"), des titres des Babyshambles (l'inévitable "Fuck Forever" ou "La Belle et la Bête"). Pete est en forme et prend visiblement du plaisir à jouer. Un invité de marque le rejoint sur scène: Wolfman, l'auteur de la chanson "For Lovers". Wolfman est complètement défoncé, il peine à ouvrir les yeux et parvient difficilement à marmonner des bribes de mots. Commentaire d'un type dans le public: "J'ai déjà vu des mecs défoncés sur scène mais là, c'est le numéro un". Pas faux. La fin du concert est vraiment excellente, Pete enchaîne les succès des Libertines ("Time For Heroes "et "Can't Stand Me Now", joué à la demande du public) , le blues "Wolfman", très énergique, et termine avec "There She Goes", une reprise des La's. D'après les rumeurs, Lee Mavers, le chanteur des La's, a participé à l'enregistrement de l'album solo de Mister Doherty, brisant ainsi un silence artistique d'une dizaine d'années.

Wolfman sur scène... Pete Doherty prend soin de son compagnon de défonce (photo Oliver Peel)

Setlist:
1) Alone Again Or (Love)
2) Beg Steal Or Borrow
3) New Love Grows On Tree
4) East Of Eden
5) Albion
6) Bucket Shop
7) Palace Of Bone
8) What A Waster
9) My Darling Clementine
10) Dilly Boy
11) The Good Old Days
12) Don't Look Back Into The Sun
13) Fuck Forever
14) Death On The Stairs
15) Last Post On The Bugle
16) Unbilotitled
17) For Lovers (avec Wolfman)
18) La Belle et la Bête
19) Back From The Dead
20) Time For Heroes
21) Can't Stand Me Now
22) Wolfman (avec Wolfman)
23) There She Goes (The La's)

Extraits vidéos du concert:


"Alone Again Or" de Love


"Fuck Forever"


"What A Waster"


"Can't Stand Me Now", "Wolfman", "There She Goes"

mercredi 1 octobre 2008

Dirty Pretty Things: le split

Formé en 2005 par Carl Barat après l'arrêt des Libertines, le groupe Dirty Pretty Things a annoncé sa séparation au NME. Restent deux albums: Waterloo To Anywhere (2006) et Romance At Short Notice (2008).

Un pas de plus vers la reformation des Libertines ?

Carl Barat: "It's been a glorious three years which we all would gladly live out again, but it is time for us to try new things (not The Libertines). We are reluctant to give up touring but will give the last waltz everything. We have and are determined to go out as we came in, after which we all have other ventures to be getting on with and splendid future plans. Heartfelt thanks to all who made it what it was, much love and we'll see you on the road."

Carl Barat, John Hassall, Pete Doherty... The Libertines en concert improvisé au Duke of Clarence, le 18 février 2004. Pete et Carl revenaient tout juste de Paris... Magique...