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vendredi 18 mars 2011

Juraj Jakubisko - Les Années du Christ (1967)

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Les Années du Christ (Kristove Roky) est le premier long métrage de Juraj Jakubisko, cinéaste slovaque tout juste diplômé de l'École du cinéma tchèque (FAMU). Ce premier film a été récompensé par douze prix et distinctions dont le prix Josef von Sternberg au Festival du film international de Mannheim-Heidelberg. Avec un ton loufoque et anticonformiste, Juraj Jakubisko narre les péripéties existentielles de Juraj, un peintre bohème et homme à femmes, qui doute de son talent et du sens de la vie. Juraj fait la connaissance d'une autre peintre, Jana (délicieuse Jana Stehnova, avec des faux airs d'Anna Karina), ce qui donne lieu à un amour dilettante - ou un amour qui ne dit pas son nom.

Juraj jakubisko annees christ kristove rokyAndrej et Juraj : une histoire de flingue.

Juraj jakubisko annees christ kristove rokyÇa boit pas mal dans Les Années du Christ, même dès le matin.

Juraj jakubisko annees christ kristove roky Jana StehnovaJana Stehnova.

Arrive bientôt le frère de Juraj, Andrej, officier de l'armée de l'air, marié, père de famille et apparemment sûr du sens de sa vie et de sa carrière militaire. En plaisantant, Juraj propose à Andrej de courtiser Jana, ce qu'étant jeunes, il faisait souvent. Andrej y parvient et Jana, bien que consciente du mal qu'elle fait à Juraj, ne veut pas renoncer à Andrej. Jusqu'au dénouement tragique du film.

Juraj jakubisko annees christ kristove roky Jana StehnovaUne femme nue et des vinyles... que demande le peuple ?

Juraj jakubisko annees christ kristove rokyAndrej et Juraj. Dernière beuverie avant le départ.

Les Années du Christ est l'illustration de l'influence de la Nouvelle Vague française sur le cinéma tchécoslovaque : on passe du néoréalisme à l'individualisme, de la narration à la représentation du vécu, du système de grande production à la production indépendante fauchée et au cinéma d'auteur. Dans son ouvrage History of the cinema (from its origin to 1970), le britannique Eric Rhode analyse :
"Les cinéastes des pays d'Europe de l'Est ont développé les idées de Godard avec beaucoup plus d'invention et d'imagination que leurs contemporains occidentaux, qui eux sont tombés dans dans l'imitation de la poétique de la nouvelle vague sans en comprendre le sens, ou se sont perdus dans les ténèbres."

Un mouvement libérateur, dans le fond et la forme, qui prendra fin peu après la révolte manquée du Printemps de Prague, en1968. Signe des temps, Juraj Jakubisko subira la censure en 1969 avec Déserteurs et nomades, puis en 1970, avec Au revoir en enfer, mes amis, qui ne sortira sur les écrans qu'en 1990. Entre temps, il réalisera des courts métrages (dont Bubeník Cerveného Kríza en 1977), des documentaires et des productions pour la télévision.


Début des Années du Christ.

dimanche 27 février 2011

Juraj Jakubisko - Bubeník Cerveného Kríza (1977)

Juraj Jakubisko Bubenik
Juraj Jakubisko est le cinéaste slovaque le plus célèbre, bien que son œuvre soit largement méconnue en France. Surnommé un temps le "Fellini de l'Europe de l'Est" (même si Jakubisko lui-même cite plutôt l'influence d'Antonioni), Juraj Jakubisko est diplômé de l'École du Cinéma Tchèque (FAMU). Après avoir réalisé des films acclamés comme Les Années du Christ (1967), Jakubisko rencontre bientôt la censure, cette odieuse censure communiste de la Tchécoslovaquie des années 1970, qui vit alors ses "années de plomb" après l'échec du Printemps de Prague et le durcissement de l'État criminel marxiste-léniniste, usant allègrement d'intimidation et de répression, spoliant et assassinant à l'envi. En 1969, son film Déserteurs et nomades est donc interdit par les autorités.

Juraj Jakubisko Bubenik
Pendant près de 10 ans, Jakubisko ne pourra tourner qu'une poignée de courts métrages, dont Bubenik Cerveného Kriza (Le Joueur de tambour de la Croix Rouge, en français). Bubenik Cerveného Kriza, long de 13 minutes, est une critique de la guerre, vue du point de vue des enfants. Un enfant né sous les bombes, ses parents sont tués. Orphelin, il est recueilli, comme d'autres enfants, dans un orphelinat. Malgré les avantages de l'orphelinat (lit, couverts et éducation), les enfants ne peuvent s'empêcher de penser à leurs parents morts et de les idéaliser. Tous rêvent du joueur de tambour de la Croix Rouge.

Juraj Jakubisko Bubenik
Bubenik Cerveného Kriza est visuellement très réussi. Jaruj Jakubisko utilise de nombreux filtres monochromes, technique propice à l'onirisme, utilisée dans les premiers films muets mais également dans Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard (1965) ou Throw Away Your Books, Rally in the Streets de Shuji Terayama (1971).


Début de Bubenik Cerveného Kriza.