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samedi 5 mars 2011

Nieuwenhuijs et Seyferth - Venus in Furs (1995)

Maartje Seyferth Victor Nieuwenhuijs Venus in Furs
Venus in Furs, la Vénus à la fourrure. Livre bien connu de Leopold Ritter von Sacher-Masoch. Une histoire de domination sexuelle bien connue. Tellement connue que l'auteur a donné son son nom à la pratique du masochisme. Un terreau bien fécond qui a engendré une des meilleures chansons du Velvet Underground, un film de Jess Franco (qui n'a d'ailleurs rien à voir avec l'œuvre de Sacher-Masoch) et un film moins connu des néerlandais Maartje Seyferth et Victor Nieuwenhuijs.

Maartje Seyferth Victor Nieuwenhuijs Venus in Furs
Maartje Seyferth Victor Nieuwenhuijs Venus in Furs
Maartje Seyferth Victor Nieuwenhuijs Venus in Furs
Une chose est sure, c'est que le Lou Reed et le Velvet Underground ont vampirisé l'œuvre de Sacher-Masoch et qu'à chaque fois que ce dernier sera cité, viendront en tête les paroles de la chanson "Venus in Furs", lacérée par le violon de John Cale, comme le corps humain peut être lacéré par les coups de fouet. Leçon musicale et éthique.

Shiny, shiny, shiny boots of leather
Whiplash girlchild in the dark
Comes in bells, your servant, don't forsake him
Strike, dear mistress, and cure his heart


Maartje Seyferth Victor Nieuwenhuijs Venus in Furs
Maartje Seyferth Victor Nieuwenhuijs Venus in Furs
Que dire de Venus in Furs de Victor Nieuwenhuijs et Maartje Seyferth ? Pas un mauvais film mais qui tourne en rond au bout de 30 minutes (le film dure 65 minutes). Les réalisateurs ont privilégié le côté esthétique au scénario. Dans un noir et blanc et des décors superbes, le film narre la soumission de Severin (André Arend van de Noord) à Wanda (Julia Braams). Mais le film est très vite vide de substance. Les décors et la beauté des acteurs ne font pas un film. Et pourtant les acteurs (au nombre de quatre) sont très beaux (André van de Noord fait penser à Joe D'Allesandro, Julia Braams a les seins lourds superbes), les décors sont sublimes (château vide et gigantesque). Mais la magie n'opère pas. On attend toujours l'adaptation ultime de l'œuvre de Sacher-Masoch. Pour se consoler, on a les livres et le Velvet Underground.


Bande-annonce de Venus in Furs de Niewenhuijs et Seyferth.

samedi 22 janvier 2011

Jess Franco - La Comtesse perverse (1973)


La Comtesse perverse : "le plus sophistiqué des films érotiques", selon une publicité du producteur du film, Robert de Nesle ! Ou l'art d'aguicher le public pour mieux le tromper... La Comtesse perverse n'a rien d'érotique... sauf si l'on regarde la version de 92 minutes qui contient quatre ou cinq inserts semi-pornographiques, ajoutés par le producteur, au grand dam de Jess Franco. D'ailleurs, au moins deux des inserts sont complètement sans rapport avec le reste du film ! Dans le premier, sans aucune cohérence avec la scène précédente et la scène suivante, Lina Romay fait l'amour avec un couple ligoté.. Dans le second, Alice Arno (la "comtesse perverse") fait l'amour à un type complètement inconnu. Hors sujet total. Sans ces inserts, le film ne dure guère plus de 72 minutes. Et c'est bien suffisant puisqu'il contient de nombreuses longueurs.

Lina Romay dans un des inserts semi-pornographiques.

Baiser furtif entre Alice Arno et Lina Romay.

La Comtesse perverse est inspiré de la nouvelle de Richard Connell, The Most Dangerous Game, déjà porté à l'écran en 1932 par Irving Pichel et Ernest B. Schoedsack (qui tournaient King Kong en même temps !). On peut y voir la délicieuse Fay Wray. Le film, connu en France, sous le titre de La Chasse du comte Zaroff, est visible intégralement ici. Au programme donc : chasse aux êtres humains et cannibalisme.

Howard Vernon, comte Zaroff et cuisinier à ses heures perdues.

Alice Arno, comtesse Zaroff, passe plus de temps nue qu'habillée !

Dans son film, Jess Franco laisse un peu de côté le comte Rader Zaroff (Howard Vernon) pour mettre en évidence la comtesse Ivanna Zaroff (Alice Arno). C'est typique de la part de Jess Franco de donner les rôles les plus importants à des femmes, surtout si elles sont belles et déshabillées, ce qui est effectivement le cas pour Alice Arno. Dans La Comtesse perverse, les époux Zaroff, habitant seuls sur une île, se paient les services d'un jeune couple, Tom et Moira (Robert Woods et Tania Busselier), pour leur trouver des filles, véritables gibiers humains, qui sera chassé à l'arc par la comtesse Ivanna Zaroff. Le gibier du jour n'est autre que la candide Sylvia (Lina Romay). Parviendra-t-elle à éviter les flèches mortelles de la comtesse et à ne pas finir en steak ?

Robert Woods : veste en denim et pantalon pattes d'eph' : très 1973.

Tania Busselier, toujours aussi charmante.

En 1998, Jess Franco réalisa une nouvelle version du film : Tender Flesh. Une catastrophe cataclysmique dans laquelle on peut voir le français Alain Petit (le fan numéro 1 de Jess Franco !), Lina Romay (toujours dans la place) et les actrices de seconde zone Monique Parent et Amber Newman (bien moins charmantes que les actrices employées par Jess Franco dans les années 1970). Si La Comtesse perverse contient des longueurs, Tender Flesh est tout simplement un ennui perpétuel. A éviter.


Lina Romay découvre le terrible secret des Zaroff.

mardi 11 janvier 2011

Interview de Jess Franco sur le porno


Le très bon blog Zines a publié les scans du magazine Ciné Star Vidéo, daté de 1983, qui consacre quinze pages à Jess Franco. En plus d'une présentation générale de l'œuvre de l'Espagnol, de 1959 à 1982, illustrée de très belles et nombreuses photos, le magazine reproduit un entretien avec Jess Franco, réalisé à Madrid le 4 février 1983 par Joan Bassa et Ramon Freixas. Le réalisateur y parle du cinéma porno, du choix de ses actrices et de la chaotique distribution de ses films dans les pays européens. Un régal dont voici quelques extraits.

Ta tradition érotique remonte déjà aux doubles versions de tes films de terreur. De ce côté-là, tu es l'un des pionniers...

Bon, je déteste les doubles versions, je n'en suis pas partisan. Mais ce n'est pas de ma faute, je faisais un film - érotique, si tu veux - et tout de suite, les censeurs allaient faire des coupures... Nous n'allions pas passer un film de 20 minutes ! En plus, si le film m'appartient et qu'il n'y a pas d'autre solution que de re-tourner d'autres séquences, je préfère que ce soit moi qui les fasse, et pas un autre. Par ailleurs, la censure ne limite pas son travail aux coupures. Je suis las que les titres de mes films soient changés. Je remets Deux sœurs vicieuses aux mains des distributeurs et d'autres personnes, voici qu'il devient Aberrations sexuelles d'une blonde brûlante. Ou bien La Déesse blanche devient Les Déesses du porno et - un comble - l'un de mes derniers films allemands, où il n'était nullement question de collégiennes mais de femmes mariées et qui faisaient l'amour avec les messieurs qui leur plaisaient, a eu comme titre d'exploitation Collégiennes violées. Quel pays...

La belle Estella Blain dans Miss Muerte / Dans les Griffes du maniaque (1966).

[...] Ta filmographie est énorme, épuisante, avec un nombre multiple de titres, les uns curieux, les autres amusants.

Oui, mais ce n'est pas de ma faute. Je suis fatigué de voir mes titres changés. Qu'on se figure que j'ai voulu adapter un roman de Perry Mason, L'Affaire des culottes transparentes, titre que j'aimais beaucoup, qui était celui du scénario et de la première copie. Mais pour imiter La Fille à la culotte d'or d'Aranda, on en a fait La Fille aux culottes transparentes.

[...] Tu as une prédilection pour Sade plutôt accusée.

J'ai beaucoup admiré ce gars-là. Beaucoup, beaucoup. Et je l'aime pour ses contes moraux. Ils sont, disons-le, fort moraux. Il me semble que c'était un écrivain audacieux parce qu'il se moquait de la réalité d'une manière précieuse. Et en plus, de fait, il est de plus en plus évident que c'était une sainte nitouche que sa femme faisait emprisonner pour lui faire l'amour.

L'entretien complet sur Zine.

lundi 10 janvier 2011

Jess Franco - Shining Sex (1975)


1975. En villégiature dans le sud de la France, Jess Franco, accompagné d'une fine et mince équipe, tourne une flopée de films produits par Eurociné dont Shining Sex (ou La Fille au sexe brillant) et The Midnight Party (ou La Partouze de minuit) : les deux films partagent exactement les mêmes décors (les verrues touristiques de la côte d'azur construites pendant les années 1970) et mêmes acteurs. Les deux films ont dû être tournés en même temps en dix jours. Du classique chez ce cher Jess Franco.

Dan L. Simon, pseudonyme de Jess Franco pour Shining Sex.

Lina Romay dans une énième scène de danse lascive.

Le scénario de Shining Sex est pour le moins basique mais très new age : Cynthia, une danseuse de cabaret (Lina Romay, très nue et pour une fois intégralement épilée - d'où le titre du film) décide de se faire un extra pécuniaire en acceptant une passe avec un couple énigmatique et placide. Arrivée dans le domicile conjugal, Cynthia couche avec la femme. Une scène lesbienne sans parole de dix minutes qu'on jurerait jouée par deux autistes. Stupeur et incompréhension du spectateur qui apprendra plus tard que Cynthia aura été contaminée par un virus mortel d'origine extra-terrestre dont le but est de tuer ses partenaires sexuels. En effet, le sexe de Cynthia est maintenant imprégné d'un virus mortel. Cynthia rentre ensuite en contact avec un psychiatre, le Dr. Seward (référence à William S. Burroughs ? Non, plutôt au Dracula de Bram Stoker) joué par Jess Franco lui-même, qui est capable de "ressentir" les activités du couple "d'une autre dimension".

Dr. Seward...

... alias Jess Franco.

ItaliqueS'ensuit une scène où Cynthia rend visite à Madame Pécame, une médium (jouée par Monica Swinn) qui, après une scène lesbienne, meurt. A cause du sexe contaminé de Cynthia. Plus tard, Cynthia apprend - enfin - que le couple qui l'a séquestrée est "d'une autre dimension". La femme du couple n'est autre qu'Alpha. Alpha est jouée par Evelyne Scott, qu'on peut voir dans des classiques du porno gaulois giscardien, tels que L'Arrière-train sifflera trois fois (1975), Couche-moi dans le sable et fais jaillir ton pétrole (1975) ou Les orgies du Golden Saloon (1975). Surprise à la dernière bobine du film : Oliver Mathot (acteur mythique du cinéma bis) fait une brève apparition dans le rôle d'Elmos Kallman, un chasseur d'extra-terrestre. La coupe est pleine.

Un gros plan typique de Jess Franco.

Dans une literie sexy, la très pudique Lina Romay cherche à séduire...

... Olivier Mathot ! Une baise puis s'en va. Sacré second rôle !

Si les dialogues sont rares, ils n'en sont pas moins très drôles (du moins dans la version française... on sait les doubleurs très capricieux et taquins). Ne serait-ce que la première réplique de Lina Romay, qui s'adresse au couple d'extra-terrestres, après son numéro de cabaret. C'est tout simplement à se pisser dessus : "J'espère que mon numéro vous a plus. Vous savez, j'en ai d'autres bien plus piquants, mais nous sommes ici dans un club très chic. On ne me laisse pas faire tout ce qui me plaît. Vous auriez dû me voir à Hambourg, quelle liberté ! Je faisais un numéro merveilleux avec un cheval de course, c'était super porno, comprenez-vous ? Et pourtant, c'était pas dégueulasse ! Oh, c'était fou ! Après, je faisais un numéro avec deux gouines, mulâtres toutes les deux, et c'est là qu'on m'a offert mon premier contrat au Moyen Orient. J'étais tout le temps invité par des sultans. Et je suis rentrée en Europe parce qu'un de ces mecs voulait me kidnapper et me foutre dans son harem." On touche ici au sublime. Ni plus ni moins.


Un dialogue plus troublant qu'un essai de Kant.

samedi 28 août 2010

Diabolical Mr Franco, the Films of Jess Franco (1999)


Bon documentaire sur Jess Franco, réalisé en 1999 par la chaîne de télévision Channel 4, pour la série Eurotika, consacrée au cinéma bis et érotique des années 1960-70.

Ce bon vieux Jess Franco a donc droit à un épisode complet où l'on peut découvrir les témoignages du producteur d'Eurociné Daniel Lesoeur, de l'acteur érotomane Michel Lemoine, et des actrices Monica Swinn, Brigitte Lahaie et Caroline Munro. Sans oublier Jess lui-même ! Du haut-de-gamme donc.


Diabolical Mr Franco : première partie.


Diabolical Mr Franco : seconde partie.

mercredi 7 octobre 2009

Martine Stedil, actrice pour Jess Franco

Martine Stedil Jess Franco
En quelques mois, de 1975 à 1976, Martine Stedil a joué dans cinq films de Jess Franco avant de disparaître à jamais des écrans. D'où venait-elle, quand est-elle née, qu'est-elle devenue ? Autant de questions qui restent pour l'instant sans réponses. Une fois n'est pas coutume, le bon Jess Franco avait trouvé une actrice très belle qui malheureusement ne trouva ou ne chercha pas d'autres rôles par la suite. Le mystère reste complet. Reste un visage aux traits fins, aux yeux clairs et à la plastique à jamais intacte.

Martine Stedil Jess Franco
Martine Stedil Jess Franco
Martine Stedil Jess FrancoGros plans à la Jess Franco sur le visage de Martine Stedil.

Martine Stedil apparaît pour la première fois dans Frauengefängnis (Femmes en cage en français), un Women In Prison où la pauvre Martine joue le rôle de Bertha Contrini, incarcérée pour des motifs obscurs dans une prison gérée par des émules néo-nazis lubriques et sadiques. Dans une scène mémorable, la gardienne en chef (jouée par Monica Swinn) délaisse la lecture d'un livre d'Albert Speer pour se livrer à une séance sadomasochiste avec l'innocente Martine Stedil, forcée de frapper de toutes ses forces une gardienne émoustillée en roue libre.

Martine Stedil Jess FrancoMartine Stedil flippe en prison.

Martine Stedil enchaîne avec ce qui est sûrement son meilleur rôle dans Downtown (Les Putains de la ville basse en français). Dans ce thriller érotique, elle interprète Lola, la complice de Cynthia (Lina Romay !), une jeune femme qui entraîne un détective privé dans une histoire de chantage et de meurtre. Le détective privé, Al Pereira, personnage récurrent dans l'œuvre de Franco est interprété par Jess Franco lui-même. Martine Stedil incarne ici une femme fatale, amante de Lina Romay, qui n'hésite pas à draguer le bon père Franco pour mieux le rouler dans la farine. A noter que la Stedil est ici créditée sous le nom de Martina Domingo.

Martine Stedil Jess FrancoMartina Domingo alias Martine Stedil et Frank Manera alias Jess Franco.

Martine Stedil nude Jess Franco
Martine Stedil lina Romay Jess FrancoLe trio Jess Franco, Lina Romay et Martine Stedil.

Martine Stedil NudeMartine Stedil songeuse.

Pour son troisième film, Martine Stedil retrouve le milieu carcéral dans Women Behind Bars (Des Diamants pour l'Enfer en français). Au Royaume-Uni, ce film, classé dans la liste des 76 "nasty videos" en 1984, fait toujours partie des 10 films interdits de distribution, en partie sûrement parce qu'aucun distributeur n'a dû émettre le souhait de le rééditer en DVD. La scène qui a mis en fureur les censeurs britanniques est une scène de torture dans laquelle Lina Romay reçoit des décharges électriques dans son anatomie la plus intime. Sacré Franco ! Dans ce film, Martine Stedil joue le rôle d'une prisonnière qui jouit d'une relative impunité parce qu'elle est l'amante du directeur de la prison. En échange d'une remise de peine, elle va tout faire pour courtiser Lina Romay et découvrir où elle a caché une valise remplie de diamants. Mauvaise Mata-Hari, Martine finira étranglée par une Lina Romay rancunière et en furie après sa séance de torture électrifiée.

Martine Stedil Jess FrancoRick Deconnink alias Jess Franco.

Martine Stedil NudeMartine Steed alias Martine Stedil.

Martine Stedil Lina Romay Jess FrancoLina Romay et Martine Stedil : pause cigarette en prison.

Martine Stedil Nude Jess FrancoMartine Stedil : maîtresse de directeur de prison. Sa dévotion ne lui fait pas renouveler sa garde-robe.

Dans Die Sklavinnen (Les Flagellées de la Cellule 69 en français), Martine Stedil subit une fois de plus les tourments de Lina Romay : lutte sans fin entre la blonde victime et la brune tortionnaire ! Lina Romay, une tenancière de bordel, charme Martine Stedil avant de la droguer, de l'hypnotiser et d'en faire une esclave sexuelle. Les motivations de Lina Romay sont aussi obscures que le scénario du film mais la pauvre Martina Stedil passe ici presque tout le film dans le plus simple appareil avant de se retrouver, sans que l'on sache ni pourquoi ni comment, morte, nue, au pied d'une falaise.

Martine Stedil Nude Jess Franco
Martine Stedil Nude Jess Franco
Martine Stedil Lina RomayLina Romay et Martine Stedil : jeu de séduction.

Pour son dernier film, Doriana Gray, Martine Stedil ne fait qu'une courte apparition où elle se retrouve violée et assassinée par Lina Romay, plus vampire que jamais. Pour le dernier plan de sa carrière, la Stedil se retrouve donc allongée morte et nue sur un lit, les yeux clos. Dommage, on aurait bien aimé la revoir.

Martine Stedil Downtown Jess FrancoPremière apparition de la robe bleue dans Downtown.

Martine Stedil Sklavinnen Jess FrancoDeuxième apparition de la robe bleue dans Die Sklavinnen.

Martine Stedil Doriana Gray Jess  FrancoTroisième apparition de la robe bleue dans Doriana Gray.

Lina Romay Jess Franco Women Behind BarsQuatrième apparition de la robe bleue : Lina Romay a volé son costume à Martine Stedil dans Women Behind Bars.

jeudi 7 mai 2009

Eloge de Karine Gambier, actrice

Karine-Gambier
Il faut que justice soit faite à Karine Gambier, la plus belle actrice française des années 1970, cette déesse disparue des écrans en 1981. L'oubli a assez duré. Nous parlons ici de la meilleure actrice française entre 1975 et 1981. Sa beauté plastique et sa chevelure bonde platine ont séduit les érotomanes et les cinéphiles de tous les continents.

Karine-GambierKarine Gambier avec une perruque brune dans Luxure de Max Pécas.

Karine-GambierTout simplement sublime...

Situons la carrière de Karine Gambier, actrice pour les metteurs en scène que sont Jess Franco, Max Pécas, Francis Leroi, Alain Payet et Claude Bernard-Aubert. Ce dernier, ancien reporter de guerre en Indochine et auteur du censuré Patrouille de choc (1957) et de L'Affaire Dominici (1973) est mieux connu sous le nom de Burd Tranbaree. Karine Gambier a débuté sa carrière dans Shoking ! qui met en scène les derniers jours de bourgeois avant la fin du monde. Elle est remarquée par Jess Franco et joue le rôle d'une femme folle nymphomane et persécutée par sa sœur dans Deux sœurs vicieuses. Sa blondeur irradie littéralement l'écran et sa maîtrise du rôle éclipse sa partenaire Pamela Stanford. Jess Franco fera tourner Karine Gambier dans Voodoo Passion (1977), dans Cocktail spécial (1978) et dans le WIP (Women in Prison) Frauen für Zellenblock 9 (1977). Elle y joue le rôle d'une prisonnière. Elle sera directrice de prison dans l'autre WIP Gefangene Frauen (1979) d'Erwin Dietrich, le célèbre producteur suisse de Jess Franco.

Karine-Gambier-Susan-HemingwayKarine Gambier et Susan Hemingway enchaînées dans Frauen für Zellenblock 9.

Karine-GambierKarine Gambier en cuir dans une dictature sud-américaine : Gefangene Frauen d'Erwin Dietrich.

Karine Gambier joue le rôle principal dans Luxure de Max Pécas. Dans ce film, elle incarne une femme décidée à suicider qui rencontre le sosie de son amour perdu. Pécas fait preuve d'une psychologie fine pour peindre les troubles et les fantasmes de Karine Gambier. Lors des scènes oniriques, les acteurs évoluent parmi de mannequins immobiles. Le film se termine par un rite érotico-maçonnique dont Stanley Kubrick a dû se souvenir pour Eyes Wide Shut.

Karine-GambierLe regard troublant de Karine Gambier.

Karine-GambierKarine Gambier dans Les Délices de l'adultère (1979).

Outres ces œuvres classiques, Karine Gambier a joué dans une cinquantaine d'œuvres pornographiques dont les mémorables Bangkok Porno (1977), Les femmes des autres (1978) et Partie de chasse en Sologne (1979), le film préféré de Maurice Genevoix. Dans ces films, elle fait preuve d'une certaine froideur et d'une distance hautaine presque aristocratique ; elle ne se livre presque jamais et son manque d'émotions faussement exacerbées lui donne un côté mystérieux et inaccessible. Elle est dans la digne lignée de Greta Garbo et Catherine Deneuve.

Karine-GambierLe mystère Karine Gambier...

En 1981, Karine Gambier décide de se retirer du cinéma. Peut-être était-elle lasse de jouer dans des œuvres pornographiques. On ne peut que blâmer le manque de clairvoyance des réalisateurs qui n'ont pas su voir en Karine Gambier une grande actrice. Reste une question essentielle : qu'est devenue Karine Gambier ?

Ci-dessous, deux extraits vidéos. Le premier est issu des Délices de l'adultère (1979) de Burd Tranbaree et le second de Luxure de Max Pécas (1976).

A la recherche du temps perdu: des bons dialogues dans un film pornographique.


Discussion philosophique autour d'une piscine.
L'amour et la mort. Georges Bataille apprécie.