samedi 11 octobre 2008

Royal Trux, acte 2 (1991-1997)

Suite des aventures de Royal Trux...

royal trux
Royal Trux migre alors dans les montagnes de Virginie pour se refaire une santé. Neil Hagerty décroche progressivement de l’héroïne. Jennifer Herrema plus ou moins, selon les jours. Ils commencent l’enregistrement d’un album pour Matador mais un dépassement de délai et de budget les oblige à le sortir sur le label Drag City. Royal Trux (aussi appelé Royal Trux III) paraît finalement en 1992. Cet album est plus conventionnel. L’ambiance lo-fi du premier album se mêle à des titres plus structurés. On y trouve le titre acoustique « Junkie Nurse », le « Sister Morphine » du groupe:

Lovely nurse, my junkie nurse
I never wanna burn you down
So just bring me a prescription when you next come downtown
Dr Moans or Dr Jones, it makes no difference
If he ever cuts you off, he´ll loose his own licence

Clip de "Junkie Nurse". Le son n'est pas très bon mais faute de mieux...

Dans le même esprit, Cats and Dogs paraît l’année suivante. On entend clairement qu’il tourne sur la platine de Pavement et de… Kurt Cobain. C’est en quelque sorte le héraut du grunge qui scelle l’avenir du groupe. Toujours prompt à revendiquer ses influences et ses groupes fétiches (The Germs, The Meat Puppets, Flipper ou The Melvins), Cobain confie à un journaliste de Spin que Cats and Dogs est un de ses albums de chevet. Après la parution de l’article, Virgin décide de signer Royal Trux, sûrement sans l’avoir entendu une seule fois. Trois millions de dollars pour un contrat de trois albums. Ça en dit long sur l’époque: pourquoi une major signerait-elle un groupe qui, après sept ou huit ans d’activité, n’a écrit aucun tube et ne semble pas prêt à le faire ? Pourquoi une major signerait un couple allumé qui ne se préoccupe d’aucun plan de carrière et qui a publié un des albums les plus aberrants de l’histoire ? C’est que… l’époque est au culte des groupes approximatifs dont l’attitude négligée, les cheveux mi-longs, la consommation de drogues (prétendue ou réelle) et le son de guitare crade font vendre. Nirvana a, sans le vouloir, entraîné dans son sillage, la fameuse mode grunge. Combien de sous-groupes de l’état de Washington formés en 1992 et sachant à peine jouer ont signé sur un gros contrat entre 1993 et 1995, au nom d’une mode ? Évidemment, pour ses finances, Virgin vient de commettre une erreur. Pour Royal Trux, par contre, ces trois millions de dollars sont une aubaine.

royal truxRoyal Trux en studio d'enregistrement. Aux frais de la Princesse !

Budget d’enregistrement énorme. Construction d’un studio dans leur maison en Virginie. Instruments de musique et de matériel vintage. Sapes. Voiture jaguar. Jennifer Herrema fait le mannequin en compagnie de Kate Moss et Joe d’Alessandro pour une pub de Calvin Klein (contacter Brett Easton Ellis pour plus de renseignements mais pour infos… l’époque est à l’heroïne chic). Une notoriété plus vaste s’installe autour du groupe. Pendant l’enregistrement de leur premier album pour Virgin à Memphis, le magazine Raygun organise une rencontre entre Royal Trux et Keith Richards, alors en tournée Voodoo Lounge avec les Rolling Stones. Ah, le spectre stonien… Il hante effectivement Hagerty et Herrema. Entre des commentaires sur les amplis de guitares et les concerts dans les stades, Keith se fend de répliques ambiguës, à la fois drôles et acides: « Ah!… Hyde Park… 1969... une bonne année… une bonne année pour certains ». Plus tard dans l’année, Royal Trux refuse d’ouvrir pour les Stones en Europe. « On ne passe pas en première partie des Stones, c’est la chose la plus stupide qu’on puisse faire », conclue Herrema.


Pub pour Calvin Klein. Jennifer Herrema pénultième.

Mais côté vente de disques, ce n’est pas ça. Larmes à l’œil ! Thank You, produit par David Briggs (Neil Young, Alice Cooper) se veut un hommage aux enregistrements des années 60 mais le tout est un peu indigeste malgré la sympathique ballade « Ray O Vac » et le neil-youngien « Map of the City ». Le groupe récidive quelques mois plus tard en produisant lui-même Sweet Sixteen, un hommage aux années 70. Avec l’une des pochettes les plus moches de l’histoire (du vomi dans une cuvette de gogs), l’album est un échec retentissant. Musicalement, les synthétiseurs et les pédales d’effet en tous genres sont mis en avant. Tubes (seulement) potentiels, riffs lourds, rock FM avec refrains mal chantés pour stade de foot, soli de guitare pompiers, le groupe s’est fait plaisir en studio. Il est vrai que Neil Hagerty n’a jamais caché son goût pour le rock sudiste, Aerosmith et les derniers albums de Led Zeppelin. Sweet Sixteen est l’album de discorde des fans du groupe: une concession commerciale vulgaire pour les uns, un hommage sincère transcendant le mauvais goût pour les autres. Jeu d’équilibristes encore !

royal trux sweet sixteenPochette de Sweet Sixteen: ça ne pousse pas à la consommation...

Toujours est-il que Virgin, furieux, abandonne les frais, ne fait rien pour promouvoir l’album et vire Royal Trux sans attendre le troisième album prévu ! Leur période major a été courte… Et décevante du point de vue musical. Bon... Sweet Sixteen est quand même bien...

Royal Trux, acte 1 (1985-1990)

Royal Trux, acte 3 (1998-2000)

1 commentaire:

loskar a dit…

ck one... mon parfum prefere...

la video est trop pourrie pour apprecier le son a sa juste valeur (hopefully ;)