Affichage des articles dont le libellé est Alain Robbe-Grillet. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Alain Robbe-Grillet. Afficher tous les articles

samedi 5 février 2011

Alain Robbe-Grillet - La Belle captive (1983)

Le film La Belle captive (1983) est une adaptation d'un roman d'Alain Robbe-Grillet paru en 1975 et titré d'après six tableaux peints par René Magritte entre 1931 et 1967, tous intitulés La Belle captive. En 1983, l'écrivain-cinéaste avait publié Djinn, son dernier roman avant La Reprise... en 2001 ! En homme libre et inventif, Alain Robbe-Grillet prend à son compte le polar, la conspiration politique, l'érotisme et le surréalisme pour créer un film non conventionnel. On peut ainsi affirmer que La Belle captive est au film d'espionnage ce que Trout Mask Replica de Captain Beefheart est à la musique blues.

Une des Belles captives de René Magritte.

Sara Zeitgeist et Walter.

Un soir, dans une discothèque, Walter, un agent secret, tombe sous le charme de la belle et provocatrice Marie-Ange van de Reeves. Alors que la belle disparaît bien vite, Walter part rencontrer sa supérieure, Sara Zeitgeist, qui le charge de donner un message urgent à Henri de Corinthe, un important home politique. En chemin, Walter découvre Marie-Ange van de Reeves étendue au milieu de la route, blessée et les mains liées. Il délaisse alors sa prime mission et se rend dans un manoir pour faire soigner la jeune femme blessée. Et le film part en vrille, nous entraînant dans un univers de recherche neuroscientifique sur fond de milice et de régime totalitaire.

Walter découvre Marie-Ange van de Reeves sur la route.

Gabrielle-Lazure
Marie-Ange van de Reeves (Gabrielle Lazure) habillée...

Gabrielle-Lazuez-nueMarie-Ange van de Reeves (Gabrielle Lazure) nue.

Exécution sur la plage.

Comme toujours chez Alain-Robbe-Grillet, le montage du film est excellent. Moins érotique que Glissements progressifs du plaisir, La Belle captive est porté par de très bons acteurs : Daniel Mesguich en agent secret sous-delonien ; la belle et dominatrice Cyrielle Clair dans le rôle de Sara Zeitgeist ; la belle et perverse Gabrielle Lazure dans le rôle de Marie-Ange van de Reeves. Les second rôles sont parfois étonnant : on trouve Arielle Dombasle en femme hystérique, l'écrivain Roland Dubillard en savant fou, et Daniel Emilfork en flic avisé. Daniel Emilfork ! "Une sorte de gargouille vivante, un comédien qui aurait pu jouer Nosferatu sans maquillage", comme l'écrit Laurent Aknin dans Cinéma Bis. On ne saurait mieux dire !

Daniel-EmilforkDaniel Emilfork dans toute sa splendeur.

Arielle-DombasleArielle Dombasle en femme hystérique.

Extrait vidéo : Walter et Marie-Ange van de Reeves entrent dans un manoir pour chercher des secours. C'est à ce moment que le film tourne au glauque.

dimanche 30 janvier 2011

Alain Robbe-Grillet - Glissements progressifs du plaisir (1974)


On peut penser ce qu'on veut d'Alain Robbe-Grillet (1922-2008), une chose est certaine : il était meilleur cinéaste que romancier. Certes, Le Voyeur (1955) vaut son pesant de cacahuètes et témoigne des tics de l'auteur : goût pour les petites filles, les meurtres glauques, le viol et les "motifs récurrents" et "variations". Des variations qu'on peut constater dans L'Année dernière à Marienbad (1961) d'Alain Resnais, un film audacieux mais un peu chiant. Il est vrai que Robbe-Grillet avait seulement écrit le scénario et les dialogues. Quand le Brestois se met lui-même à la caméra, c'est autre chose.

Anicée Alvina et Olga Georges-Picot s'amusent.

Anicée Alvina et Olga Georges-Picot s'amusent encore.

Un des barreaux est scié.

Car si Alain Robbe-Grillet se commet dans un cinéma qu'on qualifie d' "expérimental" ou "d'avant-garde" (complètement à tort, d'ailleurs), un élément le sauve du préjugé de cinéaste ennuyeux : le sexe. Il est bien connu que Robbe-Grillet est un érotomane sans pareil, mâtiné d'un goût pour les poils pubiens, le sadomasochisme, le viol, les relations maître-esclave et la torture. C'est donc fort de cette érotomanie que Robbe-Grillet réalise ses films. Glissements progressifs du plaisir est son cinquième film. Un bon bijou esthétique, doté d'un titre superbe qui laisse rêveur.

Alain Robbe-Grillet ne sait plus à quel saint se vouer.

Alain Robbe-Grillet titille la libido du spectateur.

Le scénario est très sommaire : Alice (Anicée Alvina, ce nom sublime !), une brunette prostituée, est accusée du meurtre de Nora (Olga Georges-Picot), sa colocataire, également prostituée, "comme tout le monde aujourd'hui", précise-t-elle. Alice est arrêtée et passe ses jours dans une prison tenue par des religieux... et où les mœurs ne sont pas celles que l'on croit. Sur ce scénario bien mince, Alain Robbe-Grillet multiplie les scènes montrant de très belles femmes nues, parfois menottées et molestées, avec un certain sadisme mais un esthétisme certain. Les images sont superbes. Alain Robbe-Grillet a vraiment le sens du plan et du montage. C'est futé, très beau et jamais chiant. Pour faire bref, c'est l'exact contraire des films de Marguerite Duras, cette poivrote sans talent qui a sévit à la fois sur papier et sur écran.

Hans Bellmer est dans la place...

Anicée Alvina se peint le corps. Body painting.

Notons, dans Glissements progressifs du plaisir, la présence de deux grands acteurs français : Jean-Louis Trintignant et Michael Lonsdale. Trintignant dans le rôle du flic et Lonsdale dans le rôle du juge. Savoureux.


Alain Robbe-Grillet en action.