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dimanche 6 janvier 2013

Zhao Liang - Paper Airplane (2001)

Zhao Liang est un documentariste chinois qui s'intéresse aux laissés pour compte de la société. Dans son premier film, Farewell Yuanmingyuan (1995), Zhao Liang montre l'affrontement entre la police et un groupe d'artistes installé dans un district rural près des ruines de l’ancien Palais d’été. Ce village d'artiste a finalement été fermé en 1995, les autorités craignant la propagation d'idées subversives. Dans son deuxième film, Zhao Liang suit le "parcours" d’héroïnomanes à Pékin. Les scènes ont été tournées entre 1997 et 2001.

Certaines scènes peuvent choquer les personnes sensibles aux aiguilles.

Dans cette période de quatre ans, Zhao Liang filme une dizaine de jeunes Chinois vivant d'abord en communauté dans des squats, se droguant et en jouant vaguement dans un groupe de rock. Au fil des années, presque tous les drogués sont arrêtés par la police, envoyés en cure de désintoxication ou des camps de travail. Quelques uns ont réussis à décrocher. On apprend dans ce film que la police préfère arrêter les consommateurs plutôt que les vendeurs. Les policiers gagneraient ainsi 10.000 yuans pour chaque drogué arrêté. Vérité ou mensonge de junkies ? On ne le saura pas vraiment. On apprend aussi qu'au début des années 2000, le gramme d'héroïne coûtait 350 yuans, ce qui est très cher par rapport au niveau de vie du Chinois moyen. Les drogués passent donc leur temps à trouver de l'argent pour acheter leurs doses à des dealers, souvent des Ouïghours. Un de ces dealers ressemblerait même à Paul McCartney !

Cela s'appelle "chasser le dragon".

Le groupe de drogués vit constamment sous la peur d'une descente de police. Un des drogués doit déménager deux fois par an pour éviter de se faire prendre. Le système judiciaire pour les drogués est particulier. A la première arrestation, le drogué est mis en cure de désintoxication pendant trois mois... aux frais du drogué, ce qui pose problème car leur famille est souvent pauvre. A la deuxième arrestation, la peine de prison passe à 18 mois. A la troisième arrestation, c'est trois ans dans un camp de travail.


Zhao Liang filme sans concession. On y voit donc de nombreuses scènes de prise de drogue. L'héroïne se pique ou se fume. Les promesses de décrocher ne tiennent pas plus de trois jours. L'addiction est trop forte. Zhao Liang a la pudeur de s'effacer et de ne pas juger. Sa proximité avec les drogués (dont l'un est son cousin) fait que ceux-ci semblent oublier la caméra. On est dans le cinéma-vérité. Une vérité que les autorités chinoises n'aiment pas divulguer. Mais quel gouvernement met en avant ses jeunes drogués ?

vendredi 5 octobre 2012

L'idéal de l'individu fashionable

Christian Salmon a publié en  2010 Kate Moss Machine, une enquête sur Kate Moss et l'évolution du monde de la mode depuis les années 1990. Selon l'auteur, le mannequin anglais est une synthèse de la société au tournant du XXIè siècle, passant avec facilité de la figure de l'enfant abonné de la Génération X à l'icône du glamour, en passant par les périodes heroin chic, "Cool Britannia", muse rock & roll et princesse trash. Kate Moss Machine est un bon complément à Glamorama, le meilleur roman de Bret Easton Ellis. Dans l'extrait suivant, Christian Salmon dresse un bref historique de l'individualisme depuis le XVIIIè siècle qui aboutit aujourd'hui à l'importance cruciale et démesurée de la mode dans notre société. C'est "l'idéal de l'individu fashionable" dans la République démocratique du look.

Kate Moss en mode décadence fin de siècle sous opiacée.

Le "droit au look" est l'aboutissement d'une longue évolution historique de l'individualisme que l'on peut documenter de bien des façons. Dans un livre d'entretiens avec Carlos Oliveira publié en 1996, Essai d'intoxication volontaire, le philosophe allemand Peter Sloterdijk en brosse un esquisse qui éclaire bien la naissance de cette république du look et de son citoyen type : l'individu fashionable.

Dans les termes de Sloterdijk, l'individualisme au XVIIIè siècle correspond à la forme roman qui lui est contemporaine, celle d'un individu qui s'octroie une sorte de "droit d'auteur sur ses propres histoires et opinions" et considère sa vie comme un roman. Au XXè siècle, l'individu se met à réclamer des droits non plus seulement sur le roman de sa vie, mais sur sur son apparence. Ce sont "tous ces gens hauts en couleur que tu vois flâner aujourd'hui dans les centres-villes, avec leur coupe à l'Iroquois, leurs bottes de parachutistes, en se comportant comme des tigerlily en fourrure synthétique".

Mais le look ne suffit pas à définir cet "individu designer" caractéristique de l'individualisme de la fin du XXè siècle ; il y manque une donnée fondamentale : la volonté de mener des expériences sur soi-même. L'individualisme bourgeois du XVIIIè siècle s'appuyait essentiellement sur le concept scholastique de la "conservation de soi", qui constituait une sorte de butée limitant l'auto-affirmation de l'individu. C'est cette butée qui saute dans les années 1990 : l'affirmation de soi ne connaît plus de limite. L'expérimentation de soi doit pouvoir être menée "jusqu'à la fracture". L'impératif d'auto-intensification est devenu indissociable du principe d'expérimentation qui va s'épanouir et trouver sa légitimation dans ce qu'on a appelé l'heroin chic (le chic de l'héroïnomane). Selon Tom Ford, le directeur de la création de Gucci, "l'objectif est d'avoir l'air d'avoir tout vu, tout expérimenté, voyagé partout. C'est un look intimidant et la drogue est le prolongement de tout ça. Si vous donnez l'impression que vous avez passé la nuit dehors, cela fera apparaître toues ces images dans votre tête".

Kate Moss shootée par Gene Lemuel en 1988.
Après 1993, le look d'héroïnomane va prendre le relais de la waif (l'enfant abandonnée), devenue incompatible avec les exigences de l'industrie de la mode dont l'objet principal est de vendre des vêtements et des produits de beauté. Associée jusque-là aux quartiers pauvres, au désespoir et au sida, la drogue se déplace dans les beaux quartiers où elle acquiert une aura de romantisme et de noirceur. Elle imprègne l'air du temps et jusqu'à la peau des mannequins qui se couvre - selon William Mullen, le directeur de Details Magazine - d'une "sueur de junkie".

L'heroin chic exprime le désir de faire des expériences sans cesse nouvelles, de jouer avec le danger et la limite dans une société où les industries culturelles valorisent la recherche incessante de nouvelles sources d'excitation. Chacun doit se mettre en valeur. L'idée d'un moi souverain maître et possesseur de la nature trouve ainsi son paradoxal achèvement dans l'individu souverain qui n'a plus d'autre rapport avec lui-même que de valorisation, d'intensification et de stylisation.

mardi 14 décembre 2010

Marc Dufaud - Les Peaux Transparentes (2003)


Marc Dufaud a réalisé en 1995 un documentaire vidéo sur le punk rock français et Daniel Darc, Les Enfants de la Blank. Un documentaire qu'on aimerait (re)voir un jour ! En 2010, le même Marc Dufaud a publié une biographie de Bruce Springsteen. Entre les deux, il a publié le très intéressant Les Décadents français (2007), complément idéal à La Belle époque de l'opium d'Arnould de Liedekerke, et le roman Les Peaux transparentes (2003). Ce roman narre la descente aux enfers de Thomas, héroïnomane à Paris dans les années 1990. Un mélange de Jean Lorrain, de Roger Gilbert-Lecomte (il a d'ailleurs écrit un texte sur ce poète) et de William Burroughs, période Junky. La trajectoire est classique : un début festif et exalté sur les premiers flashes, l'arrivée terrible de l'addiction et enfin les affres et les difficultés du sevrage sous Subutex. Dans son roman, Marc Dufaud met en scène dans un "second rôle" Daniel Darc, ancien Taxi-Girl et traducteur de William Burroughs, sous le nom de Clean Cut Kid : une référence à la chanson de Bob Dylan extraite de l'album Empire Burlesque, 1985.

Marc Dufaud.

Petit passage sur Clean Cut Kid :

Clean Cut Kid était l'ex-chanteur d'un groupe phare des 80's. Sa génération, héritière de Mai 68, avait pris d'assaut les années 1980, la shooteuse au bras. Contre l'herbe des hippies et leur avachissement, la brutalité de l'héroïne ! Encore élitiste, le produit faisait à peine irruption dans le champ dit social, la came cristallisait cet extrémisme neuf [...] La dope marquait alors en somme l'appartenance à une mouvance radicale et romantique. Radicalement glamour et radicalement dans l'erreur... Sans doute ! En tout cas droit dans le mur.

Les titres des chapitres invoquent tout un panthéon musical rock 50's, dylanien et du punk: "Mystery Train", "Destiny Street", "Blank Generation", "Lust for Life", "Even Serpents Shine", "Ballad of a Thin Man", etc. Marc Dufaud fait d'ailleurs explicitement au Velvet Underground, aux Stooges, à Kim Fowley, à Johnny Thunders, aux Only Ones ou à Willy de Ville. Des goûts sûrs, donc. "Toute la foutue bande son !", écrirait Patrick Eudeline...

Daniel Darc a finalement choisi entre la came et le christianisme.

En dehors de sa bande son, le livre est aux antipodes de l'énumération systématique de disques de rock ou d'anecdotes musicales. La drogue est vraiment au cœur du livre, presque à toutes les pages. Le tout est parfois lumineux, souvent pathétique, comme tous les romans traitant de ce sujet. Les Peaux transparentes est le témoignage d'un certain milieu parisien des années 1990. Une époque (déjà) bien révolue.

mercredi 24 novembre 2010

H. Rey et la poésie contre l'absinthe


Dans son volume annuel de 1897, le Bulletin de l'Académie du Var a publié deux textes d'un dénommé H. Rey : une diatribe poétique contre l'absinthe et un texte en vers sur les moutons de Panurge inspiré de Rabelais. La diatribe poétique consiste en une succession de 17 quatrains en octosyllabes, aux rimes souvent convenues et à l'exclamation facile. Rien de bien transcendant. L'anecdote la plus intéressante est la dédicace : à mon fils. D'où cette question : ce poème est-il un avertissement ou un reproche ? Un universitaire se penchera peut-être un jour sur cette interrogation de premier ordre

L'ABSINTHE

...................................A Mon fils.

Tu le vois, ce liquide vert,
Qu'assis près d'une table ronde,
Des gens boivent, le nez en l'air,
En regardant passer le monde !

Ce liquide, c'est un poison,
Liqueur odieuse et funeste,
Un philtre impur !... une boisson
Qu'il faudra fuir comme la peste !

Son nom, mon fils, le connais-tu,
Son nom abhorré ? - C'est l'ABSINTHE !
Un homme est à jamais perdu,
Lorsqu'il est pris dans son étreinte !

L'Apéritif !... deux fois par jour,
C'est le prétexte à l'eau verdâtre !...
Bientôt tout moment est bon pour
La Purée hideuse et saumâtre !

L'homme d'abord perd l'appétit ;
A table, son assiette est vide ;
Rien ne lui plaît, ne lui sourit
Que la Verte, au reflet livide !

Mais le Poison fait son chemin ;
Ses doigts tremblent et, malhabile,
Il ne peut d'une seule main
Soulever la coupe fragile.

Alors, pour boire, il s'est assis
Et, des deux mains, jusqu'à la bouche,
Hésitant, craintif, indécis
Il conduit le verre d'eau louche.

L'infortuné fait peine à voir !...
Les enfants en font leur risée !
Il rit comme eux, mais sans savoir ;
Absente est déjà sa pensée !

C'est, - à trente ans, - c'est un vieillard
Hébété, chancelant, sordide,
Impuissant !... et dont le regard
Se perd, sinistre, dans le vide !

Sinistre !... car, dans ce cerveau
Germe un levain de maladie :
C'est que l'Eau verte est aussi l'eau
Du suicide et de la folie !

Des visions hantent son sommeil,
Ses nuits sont pleines de fantômes ;
Bientôt, même après son réveil,
Il est poursuivi par des gnômes,

Des animaux, des chiens, un loup,
Toute une meute furieuse !...
- Prenez garde, cet homme est fou !
Et sa folie est dangereuse !

L'incessante hallucination
Conduit à l'homicide, au crime !
Pour s'affranchir de l'obsession
Du noir cauchemar qu'il opprime,

Le malheureux frappe au hasard !...
Traqué par la meute hurlante,
Terrible, haletant, l'œil hagard,
Objet d'horreur et d'épouvante,

Il frappe, il tue !... Ami, parent,
Devant ce fou, chacun se sauve...
Spectacle ignoble, écœurant !
L'homme devenu bête fauve !

Il s'épuise en cris superflus,
Se débat, rugit, se démène
Et tombe enfin, n'en pouvant plus !...
Ramassez cette loque humaine !

C'est un de plus pour Charenton !...
Oh ! pauvre intelligence éteinte !
inscrivez sur le cabanon :
Ci-gît... victime de l'Absinthe !

dimanche 14 novembre 2010

Maurice Talmeyr et les possédés de la morphine

Marie-Justin-Maurice Coste (1850-1931), connu par son nom de plume Maurice Talmeyr, est aujourd'hui à peu près inconnu. Il est parfois cité par les pourfendeurs de la franc-maçonnerie pour son ouvrage La Franc-maçonnerie et le Révolution française. Comment on fabrique l'opinion (1904). Talmeyr est du genre corrosif. Il flingue sur tout ce qu'il n'aime pas. Journaliste en vue à la fin du 19è siècle, sa plume acide est particulièrement remarquable dans son recueil de textes Les Gens pourris (1886), un bréviaire réactionnaire très réjouissant au titre bloyien. En 1892, il publie Les possédés de la morphine (1892), une attaque violente contre la "mode" du morphinisme. En voici le premier chapitre.


Quand on prononçait, autrefois, ce joli et funèbre mot de Morphine, c'était seulement à propos des malades. Ils endurait le martyre, n'avait souvent à vivre que quelques jours, et la Morphine, alors, mettait la pédale douce à leur supplice. Ils ne souffraient plus que lointainement, avec une légèreté qui ressemblait à une jouissance, dans un détachement de la terre semblable à une envolée, et mouraient insensiblement, comme ces morceaux de musique qu'on a cessé d'entendre avant qu'on les ait finis.

Le temps a marché terriblement, et la Morphine, aujourd'hui, est un fléau. Elle est le Nouvel Opium, plus diabolique que l'autre, et elle a ses ivrognes et ses alcooliques, ses monstres et ses possédés. Ce sont ceux-là que j'ai voulu voir, et je voudrais maintenant les montrer. J'en ai trouvé un peu partout, et il y en a dans tous les mondes ; les uns ont des seringuettes d'or, précieusement mises dans des écrins, d'autres de vieilles "Pravaz" crasseuses qui trainent dans la saleté de leur garni, et chacun ou chacune demande à "son aiguille" des exaltations et des ébranlement différents, mais il y a une chose qui ne varie pour aucun, c'est la mort. Ils ont tous la même fin horrible et désespérante. Ils y vont tous ! La Morphine, à ce moment-là, éthérise et amortit l'agonie, pour ceux qu'elle ne connait pas, mais gratte et pince de toutes ses griffes toutes les cordes de la torture pour ceux qui ont été les siens.

jeudi 4 novembre 2010

Edouard Dubus, poète morphinomane


Après le portrait type des morphinomanes, la morphinomanie chez les femmes, le luxe et le morphinisme, voici un cas d'école des méfaits de la morphine sur un poète fin-de-siècle, à savoir Édouard Dubus (1864-1895), mort pathétiquement d'une surdose à 30 ans près d'une pissotière de la Place Maubert à Paris. Ce cas entre la catégorie des morphinomanes par snobisme raillé ici. Influencé par Baudelaire, de Quincey, les drogues, les paradis artificiels et l'occultisme (Huysmans le cite dans un texte hilarant et moqueur), Édouard Dubus cristallise tous les excès de la fin de siècle décadente. Dubus est l'auteur d'un unique recueil, Quand les violons sont partis, un titre aussi poétique qu'un roman wagnérien d'Elimir Bourges. En 1905, son recueil est réédité, augmenté d'une poignée de poèmes inédits dont "Les ailes folles", qui résume bien la pensée de l'auteur, pas si talentueux que ça et très drogué. Pour obtenir plus de renseignements, lire l'ouvrage indispensable d'Arnould de Liedekerke (REP), La Belle époque de l'opium, à l'origine un travail universitaire comme on voudrait en voir plus souvent, c'est à dire passionnant et lisible.

Ci-dessous le poème "Les Ailes folles", suivi de la préface de Laurent Tailhade aux oeuvres complètes d'Édouard Dubus, publiées en 1905.

Les ailes folles

Tu veux du Ciel, toujours du Ciel,
Et les ailes folles, tu voles
vers les décevantes idoles
D'un Éden artificiel.

Tu retombes de l'envolée,
Ta vieille foi mourante, et puis
Tu stagnes comme l'eau des puits
Délabrés, trouble et désolée.

Alors une mauvais voix
T'exalte un amour de la terre
Et bas te conseille: "fais taire,
L'appel des songes d'autrefois".

Mais toujours tu réponds : je n'aime
Que les hauteurs vierges encore,
Je sais bien que mon vain essor
S'y brisera, je pars quand même.



Préface de Laurent Tailhade aux œuvres complètes :

Le 20 juin 1895, vers 4 heures de l'après-midi, fut trouvé aux latrines de la place Maubert le cadavre, gisant, d'un inconnu. Mort foudroyante ou syncope ? Les garçons de police, mandés pour le constat, fouillèrent tout d'abord avec minutie chaque vêtement de l'étranger ; ensuite de quoi, prenant garde qu'il respirait encore ; le firent d'urgence conduire à la Pitié.

Une seringue de Pravaz, recueillie dans sa poche, ainsi que deux fioles contenant quelques gouttes d'une liqueur amère, donnaient la plus grande vraisemblance à l'hypothèse d'un suicide manqué.

Admis à l'hôpital sans que rien ne dévoilât son identité, l'agonisant de la place Maubert, expirait deux jours après. Il ne s'était point éveillé de la torpeur comateuse ; il n'avait pu fournir, avant l'heure suprême, aucun indice propre à désigner les siens.Dans l'amphithéâtre, la table de dissection attendait sa dépouille, parmi cette foule anonyme de cadavres qui, chaque jour, paient à la Science future une rançon de "chair à faire pauvreté".

Par bonheur, M. Jean Court, rédacteur au Mercure de France en même temps que secrétaire de police pour le quartier du Panthéon, apprenait la mort du suicide présumé.Le signalement rendu par les subalternes qui, dès la vespasienne de la Maub, avaient donné les premiers soins au malheureux, quelques indices dont le plus caractéristique, sans doute, fut l'outillage du morphinomane trouvé sur le défunt, éveillèrent les soupçons de M. Jean Court. Ce personnage mystérieux dont les jours s'achevaient d'une manière à la fois si triviale et si pathétique, n'était-ce point un confrère, un artiste faisant gloire de s'adonner à l'opium, au hachisch, à la cocaïne, sans préjudice de l'alcool et autres vulgaires excitants ?


La Belle époque de l'opium d'Arnould de Liedekerke : ouvrage essentiel.

M. Jean Court ne s'était pas trompé. Couché sur le marbre hideux, il eut vite fait de reconnaître son collaborateur au Mercure, son ancien ami, le poète Édouard Dubus, mort en la trente-deuxième année de son âge, emporté par la tuberculose, qu'aggravait sinistrement cette bizarre hygiène de poisons.

Les plus intimes du défunt, M. Alfred Vallette, directeur du Mercure de France, M. Georges Desplas, ancien président du Conseil municipal, communiquèrent en grande hâte à la mère d'Édouard Dubus le trépas misérable de son fils. Pour dérober le cadavre aux hommages posthumes, Mme Dubus qui, pareille à la mégère de Bénédiction, nourrissait contre l'enfant de ses entrailles, une haine hystérique, fit enlever nuitament ses restes de l'amphithéâtre, si bien M. Dubus le père, non plus que ses deux filles, ne durent assister aux obsèques du malheureux garçon. Le souvenir des cœurs amis, seul accompagna au cimetière la dépouille de l'abandonné qui, par l'ironique hasard de son méchant destin, venait d'être appelé à un héritage suffisant à l'exempter pour toujours des chaînes de la pauvreté.


What would you pay to see me in a cage ? Pete Doherty par Hedi Slimane. Bobo.

Un volume de vers au titre gracieux : Quand les violons sont partis, quelques rimes posthumes que l'on trouvera dans le présent recueil, forment, avec Les vrais sous-offs, brochure de circonstance publiée chez l'éditeur Savine, à la remorque de M. Lucien Descaves, tout le bagage imprimé d'Édouard Dubus. Malgré l'influence évidente de Mallarmé, de Baudelaire, de Verlaine et de Charles Cros (Complainte pour Don Juan, Cavalier Spleen), malgré des réminiscences et des emprunts candides, la joliesse des œuvrettes que M. A. Messein réunit fort à propos en un tome définitif, défendra de l'oubli ce poète nonchalant et délicat.

Avec son visage lunaire de Pierrot tuberculeux, sa bouche au rire enfantin, avec ses yeux gris de myope dont le regard ne peut embrasser le contour des choses, Dubus fut, malgré son esprit si fin, l'homme du monde le mieux organisé pour donner dans tous les panneaux tendus à sa crédulité. Ce fut un disciple, se conformant avec docilité aux Idoles du Maître, à qui le premier venu montrait la lune dans un sac et faisait prendre, non pour des lanternes, mais pour de reluisants soleils les plus abjectes vessies. Boulangisme, occultisme, symbolisme, perversité, Dubus adopta sans fatigue les calembredaines à la mode chez ses contemporains. De notre temps, il eût été malthusien ou silloniste, peut-être l'un et l'autre, car le besoin "d'imiter pour être original" lui conférait un éclectisme singulier.


Deux trainées anorexiques payées par des fils de pute. Bienvenue dans le 21è siècle.

La seringue trouvée sur lui à l'heure de sa mort ne le quittait pas depuis longtemps. Par esprit d'imitation, il buvait de l'absinthe comme Verlaine, il s'injectait de la morphine comme Guaïta. La "noire idole" de Quincey l'avait réduit en esclavage. Cette morne luxure des poisons où roule notre siècle d'hypocrisie et de douleur avait conquis cet enfant anémique, de sang trop pauvre pour lutter contre l'opium. Une fois conclu, le pacte diabolique, la victime ne se peut plus dédire sans un effort peu commun de volonté. Quiconque, au mépris de sa dignité, de son intelligence, voulut un soir goûter aux plantes endormeuses, engage sa vie à de rudes expiations, encourt la chance effroyable de ne voir jamais sa peine remise ou atténuée.Pourtant, ces herbes maudites du rêve et de la paresse ont adouci dans l'infini bercement du loisir embaumé tant de maux étendus sur le poète malade que sa mère abandonna ? "La vie - disait Chamfort - est un mal dont le sommeil repose toutes les seize heures. C'est un palliatif. La mort est le remède" Vous le savourez désormais, ce remède efficace, ami que nous déplorons encore. Ce n'est plus l'ivresse temporaire mais le sommeil infini qui vous délasse du mal d'avoir été, cependant que le souvenir de votre âme exquise, et les vers de vos jeunes saisons refleurissent perpétuellement votre image dans l'esprit, dans le cœur de ceux qui vous ont aimé.

Luxe et morphinisme

Après le portrait des morphinomanes types et la morphinomanie chez femmes, voici un nouveau volet du "dossier morphine" : le luxe apporté aux seringues chez les toxicomanes de la fin du 19è siècle. Dans son ouvrage Les maladies épidémiques de l'esprit, sorcellerie, magnétisme, morphinisme, délire des grandeurs, Paul Regnard, ancien interne des Hôpitaux de Paris et célèbre pour ses photographies de femmes hystériques, se penche sur la morphinomanie. Dans une conférence donnée à la Sorbonne le 21 mars 1885, il met en lumière le soin apporté au luxe des seringues utilisées par les morphinomanes. Un esthétisme junkie LVMH chez les gens de bonne famille, dirons-nous.


Et c'est ainsi que, par les conversations mêmes, il se fait comme une secte nouvelle : ce sont les volontaires de l'armée morphinomane. Tout le monde en parle, on en a dans ses connaissances, la littérature et le théâtre se sont emparés du sujet pour en tirer des effet [...]

Il est à remarquer que le luxe qui tend à s'introduire partout a déjà envahi la morphinomanie. La petite seringue à injection, qui permet de pousser la morphine sous la peau et d'éviter le goût amer qu'elle laisserait dans la bouche et les nausées qu'elle occasionnerait, la petite seringue de Pravaz a reçu d'ingénieuses et artistiques modifications.

Il a d'abord fallu la rendre facilement transportable en même temps qu'on la dissimulait aux yeux. Je me suis adressé à un grand fabricant d'outils de chirurgie de Paris, et il a bien voulu mettre à ma disposition l'arsenal de la morphinomanie moderne, tel que le goût, le luxe ou l'esprit imaginatif de ses propres clients le lui a fait fabriquer.


L'attirail du parfait morphinomane.

Voici d'abord la seringue contenant un centigramme de morphine, telle que l'emploient les médecins ; elle est un peu délicate, difficile à manier et difficile à cacher : elle ne sert qu'aux morphinomanes sans vergogne, à ceux qui ont pris leur parti et qui sont fiers de leur vice.

Mais en voici une autre adroitement cachée dans un porte-allumette de poche : à côté d'elle vous voyez un petit flacon qui contient la dose de poison nécessaire pour l'après-midi.

Ici, c'est un faux porte-cigares qui contient tout ce qu'il faut pour injecter le poison.

Ce long étui est un raffinement. Il est peu commode au milieu d'une réunion d'aspirer la morphine dans la seringue avant de se faire une piqûre : les morphinomanes ont inventé de remplir d'avance une seringue très-longue qu'ils portent tout amorcée dans leur poche ; de temps en temps ils se font une piqûre, et n'ont qu'à pousser un peu le piston chaque fois, jusqu'à ce que, le soir, la seringue se trouve vide.


Seringue "king size". Too much junkie business ?

J'ai vu de petites seringues en or contenues dans un flacon à sel anglais ; voici un étui en argent qu'on dirait destiné à renfermer un nécessaire à broder : ouvrons-le, il contient une adorable petite seringue en or et un flacon de poison. Entre morphinomanes du grand monde, on se fait des cadeaux selon ses goûts, et il se fabrique aux environs du jour de l'an des seringues et des flacons à morphine émaillés, couverts d'emblèmes et de gravures, dans des étuis chiffrés et armoriés ; l'un de ces bijoux, commandé l'année dernière par une riche morphinomane, pour une de ses collègues en toxicomanie, a atteint le prix de 350 francs.

Je ferais une énumération incomplète, si, en terminant cette revue, je ne vous montrais une seringue énorme qui peut contenir un centilitre de poison : elle est aux bijoux des dilettanti de la morphine ce qu'une pièce de marine est à un petit canon de montagne : celle-ci sert à un malade que je connais et dont je vous parlerai longuement.

Ainsi, la morphinomanie n'est pas toujours le résultat de la douleur ou du chagrin ; bien des gens se morphinisent comme d'autres fument, boivent ou font de la musique : pour tuer le temps, pour se désennuyer, pour remplir par des rêvasseries vagues le vide que laisse l'oisiveté dans l'existence des inutiles : c'est de cette manière qu'au moment même où je vous parle, s'empoisonne paisiblement le fameux Tout-Paris, et probablement aussi le Tout-Londres et le Tout-Berlin.

mercredi 3 novembre 2010

La morphinomanie chez les femmes

Deuxième épisode du "Dossier Morphine". Dans sa chronique de la "physiologie parisienne" du Figaro daté du 1er juin 1886, le journaliste Labruyère expose aux lecteurs effarés la vérité la plus crue sur "les morphinomanes". Sa conclusion est sans appel : la morphine est une drogue de femme. Drogue et sexisme ordinaire à la fin du 19è siècle. Tout ceci est plaisant.


L'institution est nouvelle ; son nom n'est même pas encore fixé. Les uns disent "morphio" les autres "morphinomanes". Mais le nom ne fait rien à l'affaire.

Les morphinomanes appartiennent en général au sexe féminin. Il y a peu de morphinomanes mâles, parce que l'homme se défend mieux, travaille et fume. Le tabac est la morphine du vilain sexe ; mais ses dangers sont beaucoup moindres.

La morphine a fait chez les femmes les mêmes ravages que l'opium chez les Chinois. Elle les soulage de leurs nerfs, les console de leurs chagrins, et les endort dans des rêves de fortunes et de plaisirs. Une fois engluée, la morphinomane ne combat même plus et n'attend même pas un prétexte, une vapeur, une demi-migraine pour s'inoculer elle-même la précieuse liqueur.

Vous la voyez, quand elle est avec des intimes, se lever de table au milieu du dîner. Elle s'excuse, elle a ses névralgies, elle va se reposer un instant. On respecte cette fugue intéressante. En sortant de dîner, on trouve dans un petit salon, vautrée sur un sofa, les yeux ouverts, la bouche niaisement ouverte, une femme en extase, qui ne parle plus ou qui vous dit, si vous l'interrogez : "laissez-moi, c'est délicieux !"


Illustration extraite du livre de Paul Regnard, Les Maladies épidémiques de l'esprit ; sorcellerie, magnétisme, morphinisme, délire des grandeurs (1887).

Et, en effet, c'est si délicieux qu'elle ne peut plus s'arrêter. La morphinomane s'habitue tellement au poison qu'il ne fait plus d'effet sur elle, à moins de décupler les doses. Elle devient pâle, languissante, sans appétit, sans sommeil, sans force, sans conversation. Elle ne vit que morphinée. Quand elle est éveillée, c'est comme si elle dormait, l'ivresse morphinitique étant son véritable état normal. C'est une somnambule, qui fuit la lucidité, qui a peur du réveil et qui ne vit que lorsqu'elle a cessé de vivre.

Cinq ans suffisent à faire d'une femme morphinisée un être dégradé jusqu'à la moelle. Les plus robustes y laissent leurs cheveux et leurs dents, ou les yeux se creusent et les mains tremblent comme une gelée. Les autres meurent misérablement.

Le pis est que la morphine est devenue une mode. La difficulté de s'en procurer a d'abord été un attrait pour les femmes : le prix du médicament a augmenté le désir et son emploi a d'abord donné quelque chose d'intéressant aux malheureuses qui s'en servaient. "Faut-il qu'elle souffre !", s'est-on écrié en voyant passer, chancelante et demi-morte, la morphinomane dans l'exercice de ses fonctions. Poésie, extase et consomption ! Quelle femme résiste à ce triple idéal ?

lundi 1 novembre 2010

Le Conseil d'Etat sévit contre la morphine

A la fin du 19è siècle, en France, la consommation de morphine est à la mode. A tel point qu'en 1890, face aux premiers ravages de l'addiction et des morts par surdose, le Conseil d'État décide de "réguler" la vente de la morphine. Le 12 mars 1890, un chroniqueur du journal Le Gaulois commente cette décision gouvernementale d'une façon tout à fait exquise en peignant le portrait de morphinomanes "types". Un régal de journalisme qui nous transporte dans l'esprit fin-de-siècle, avec ses précieuses, ses ridicules et ses charmes. Notons qu'en remplaçant "morphine" par "barbiturique" ou "héroïne", l'article est d'une actualité stupéfiante.

Charles Pravaz (1791-1853) : inventeur de la seringue du même nom.

Le grave conseil d'État vient de sévir contre les vendeurs de morphine, et par une décision récente, qu'on lira plus loin, a quasiment interdit à l'un de ces honorables négociants l'exercice de sa néfaste profession.

Désormais, à la table du célèbre recueil Dalloz, on lira des annotations dans le genre de celle-ci : "Morphine - voir conseil d'État". - "Conseil d'État - voir Morphine".

Et ce ne sera plus qu'en tremblant, avec mille précautions, que les pharmaciens, terrifiés par l'arrêt du conseil, délivreront, en leur arrière-boutique, aux morphinomanes le précieux mais terrible poison.

Les morphinomanes, pourtant ne sont pas, hélas ! près de disparaître !

Avec des arrêts, on ne triomphe pas des passions, encore moins des manies.

Joignez que la morphinomanie fait parmi les femmes la plupart de ses victimes, et que la femme est aussi forte pour satisfaire ses passions que faible pour y résister...

Rapidement, traçons quelques portraits de ces pauvres intoxiqués.

Laurent Tailhade (1854-1919) : morphinomane malgré lui pour soigner ses douleurs liés à un attentat anarchiste en 1894... La bombe en question pour fut posée par Félix Fénéon, éditeur de Rimbaud...

Par maladie

Soixante ans. Grand, élégant et massif. Il y a dix ans, a été pris de douleurs néphrétiques. Le docteur lui a dit : "Je vais vous faire une piqûre de morphine !" Il a répondu : " Vous croyez ?... On dit que c'est dangereux ! - Allons donc ! Le tout est de ne pas forcer la dose !..." D'abord, il ne l'a pas forcée la dose. Mais quand, les premières douleurs disparues, les secondes ont apparu, vite il a eu recours à la morphine !... Et, chaque fois qu'il souffrait, vite une petite piqûre... Une pour pouvoir monter à cheval ce matin, une pour aller au club cet après-midi, une pour dîner chez les X..., ce soir.

Peu à peu, a criblé son grand corps de piqûres ; et maintenant ne sait plus où enfoncer l'aiguille dans sa peau desséchée et comme tatouée... Mais il lutte, il résiste et il bénit le poison qui le fait vivre et le tue.

Par spleen

Trente ans. Blonde. très fine, très gracieuse. Jolie, d'une joliesse un peu lasse. S'ennuie. A tout tenté pour se désennuyer ; de ce qui est permis et de ce qui ne l'est pas.

"Essayeuse" jusqu'aux moelles. Devait finir par essayer la morphine. On lui a assuré que ça troublait, que ça donnait des rêves étranges. Et maintenant, elle ne peut plus s'en passer. Elle a une petite collection de petits bijoux de seringues Pravaz ; en argent torsadé, en or martelé, en or crocodilé, avec pierreries, sans pierreries.

Étendue sur un sofa bas, le matin, un peu avant déjeuner, ou bien le soir, quand il n'y a ni Opéra, ni dîner en ville, ni bal, elle se pique profondément, délicieusement, à plusieurs reprises... Elle s'affaiblit. Elle a des vertiges. On lui cache le poignard de Pravaz. On lui enlève le poison. Alors scènes terribles, crises de nerfs, pleurs accès de rage. Elle veut se tuer, se jeter par la fenêtre. Elle promet de ne plus abuser, de ne se piquer qu'une fois par semaine, deux au maximum. On lui rend ses instruments de suicide... Elle pleure encore, mais de joie... Elle se croit sauvée... Elle est perdue.


Pour le cœur

Au-delà de trente ans. Brune. Beauté froide. Tempérament ardent. Connaît la vie. Avait su jusqu'ici se trayer sa route parmi les les embûches ou les obstacles, vivre à sa guise, selon son plaisir.

Un jour, s'est heurtée à une volonté plus puissante que la sienne ou à une indifférence plus cruelle. Le choc a été si rude qu'elle en a été comme brisée. Aussitôt elle a songé à la morphine qui souvent lui servait à calmer un mal de tête passager, une névralgie fugitive... Peut-être calmerait-elle aussi... Oui, un peu...

Alors, chaque fois que revient l'image douloureuse, chaque fois qu'elle sent son cœur tenaillé par un souvenir méchant, crac ! une piqûre, une lente, pénétrante piqûre qui l'étend inerte sur le sofa de son boudoir, aux stores de soie baissés - inerte de corps, rêveuse d'âme - un rêve indéfini, vague, une torpeur du sentiment, un oubli pesant de tout ce dont on se souvient... Et, comme à la longue, les piqûres deviennent inefficaces et qu'il faut s'endormir, fuir la vision, par gouttes, d'abord, dans de l'eau, puis par cuillerées, puis par gorgées, assoiffée non de morphine, mais de repos, de sommeil, d'éternel oubli...
Stanislas de Guaita (1861-1897) : poète, occultiste et toxicomane.

Par snobisme

Vingt-cinq ans. Poète. A lu les Paradis artificiels de Baudelaire ; les Confessions d'un mangeur d'opium de Quincey. A cru dès lors indispensable à sa gloire future de s'imprégner d'alcool, d'opium, de haschich et autres stupéfiants. A bout d'impressions rares, - oh ! très rares - s'est rabattu sur la morphine. Chaque fois qu'il se pique, croit accomplir un acte de génie et travailler pour l'Œuvre future. Prépare une plaquette dédiée à la Divine et Subtile Morphine, avec dessins effrayants, tirage de luxe et néant de pensée. A pour sa seringue de Pravaz des vénérations d'apothicaire. Se dit fin-de-siècle - n'est qu'abruti.

Par curiosité

Conseiller d'État. Cinquante ans. A assisté à la discussion d'avant-hier sur la vente de la morphine. A passé son existence à compulser des recueils de jurisprudence. Mécontent du gouvernement, il ne l'a pas encore nommé président de section. Rentre chez lui très dégoûté de la vie. Songe à se consoler. Envoie acheter de la morphine chez le pharmacien voisin. Se pique. Trouve ça pas désagréable. Regrette son arrêt. Morphinomane de grand avenir.

mercredi 10 décembre 2008

Drugs... & What Your Children Won't Tell You

Un disque éducatif de Dan McCurdy publié en 1971 aux USA.

drugs what your child wont tell you
Dan McCurdy expose ici les dangers de la marijuana, de la morphine et du LSD. Le disque se termine par des témoignages de drogués... Assez fascinant, le tout dramatisé par une musique sortie d'un film à suspens.

Le disque ici !