mercredi 14 octobre 2009

Kinji Fukasaku - Le Lézard Noir (1968)

Kinji-Fukasaku-Black-Lezard-Noir
Kinji Fukasaku (1930-2003) avait décidément plus d'une corde à son arc : le film de yakuza (la série de Combats sans code d'honneur), le film de samouraï (Last of the Ako clan), le polar multi-vitaminé (Cops vs Thugs), le film de guerre (Under the flag of the rising sun), le film de science-fiction (Les Évadés de l'espace), le film catastrophe (Virus) ou l'allégorie dénonçant le libéralisme sauvage (le très acclamé Battle Royale). En 1968, il réalisa également un film d'espionnage psychédélique décadent kitsch : Le Lézard noir. Outre la qualité du film, la participation du travesti Akihiro Miwa et de l'écrivain Yukio Mishima a participé à la renommée du Lézard noir.

Kinji-Fukasaku-Black-Lezard-NoirL'art d'Aubrey Beardsley : l'illustrateur de Salomé d'Oscar Wilde est particulièrement prisé au Japon.

Kinji-Fukasaku-Black-Lezard-NoirAmbiance érotique et décadente.

Dans Le Lézard noir, adapté d'un roman d'Edogawa Rampo, une voleuse de bijoux essaie de kidnapper Sanaye, la ravissante fille d'un célèbre bijoutier, pour obtenir un diamant très onéreux : l'Étoile d’Égypte. La voleuse de bijoux, surnommé "lézard noir", est interprétée par Akihiro Miwa, chanteur de cabaret, travesti, figure de proue de l'underground nippon et amant de l'écrivain Yukio Mishima (pourtant marié et père de famille). "Lézard noir" est une sorte d'esthète du crime, considérant le meurtre comme un geste noble et artistique. Le but des meurtres et des vols de bijoux est de se constituer un musée d'œuvres d'art particulièrement raffiné et cruel. Aux côtés des émeraudes et des diamants, on trouve des êtres humains empaillés pour ne pas faner leur beauté et leur jeunesse.

Kinji-Fukasaku-Black-Lezard-Noir-Akihiro-MiwaAkihiro Miwa, un lys et des cierges.

Kinji-Fukasaku-Black-Lezard-Noir-Akihiro-MiwaDes faux airs de Helmut Berger, acteur viscontien cocaïnomane.

Pour empêcher le "lézard noir" de parvenir à ses fins, le bijoutier menacé engage Akechi, le meilleur détective privé du pays. Lors de son enquête, Akechi arrive rapidement à deviner que sous la charmante Madame Maruyama se cache en réalité le "lézard noir". S'ensuit une relation de séduction entre le détective et la voleuse. Dans ce film d'espionnage semblable à James Bond, OSS 117 ou les polars de Jess Franco (Dans les griffes du maniaque ou Sadisterotica), se dégage un doux parfum wildien actualisé à la sauce psychédélique pop. Un bon mélange.

Kinji-Fukasaku-Black-Lezard-Noir-Isako-KimuraLe "Lézard noir" et le détective Akechi autour d'un alcool fort. Akechi est joué par Isao Kimura, présent dans plusieurs films d'Akira Kurosawa, Kiju Yoshida et Masahiro Shinoda.

Kinji Fukasaku Black Lezard Noir Kikko MatsuokaCharmante, très charmante, Kikko Matsuoka dans le rôle de Sanaye.

Kinji Fukasaku Black Lezard Noir Kikko MatsuokaKikko Matsuoka est visible quelques secondes dans le James Bond On ne vit que deux fois (1967) et tient le second rôle dans le film de sabres et d'épées The Crimson Bat (1969) où elle n'hésite pas à se servir d'un fouet pour repousser les assauts de ses ennemis.

Dans la dernière partie du film, Yukio Mishima, un des plus célèbres écrivains du Japon, apparaît quelques minutes dans le rôle d'un humain empaillé. Il y montre sa musculature très développée. Quelques mois après le tournage du Lézard noir, Mishima l'adapta au théâtre. Le 25 novembre 1970, Mishima, nationaliste fidèle à l'Empereur et au Japon traditionnel, se donna la mort par seppuku à l'École militaire du ministère de la Défense.

Kinji-Fukasaku-Black-Lezard-Noir-Yukio-MishimaYukio Mishima : statue humaine.

Le Lézard noir n'est toujours pas disponible en DVD malgré son succès à l'époque de sa sortie et la renommée de Kinji Fukasaku. Ci-dessous, l'ouverture du film :

jeudi 8 octobre 2009

Edmond Jaloux : le rôle du cinéma (1934)




Extrait d'un article d'Edmond Jaloux sur le cinéma, publié le 1er mai 1934 dans La Revue Belge. Dans ce même numéro on peut lire l'essai "Liberté et civilisation" d'Albert Einstein. Marseillais et Académicien français (à partir de 1937), Edmond Jaloux est écrivain et critique de grande renommée. Parmi ses œuvres, citons Le Triomphe de la frivolité (1903), Les Amours perdues (1919), L'Égarée (1938) et Les Saisons littéraires (1896-1914). Dans son article sur le cinéma, comme beaucoup d'écrivains à son époque, Edmond Jaloux avoue sa déception du cinéma, selon lui à cause des producteurs qui sacrifient la création artistique pour tirer le plus de profits de "sornettes" et de l'utilisation réductrice des "stars". Un avis quelque peu excessif mais non dénué de vérité, en pleine mainmise de Hollywood sur la production mondiale.


"Après avoir fait de rapides progrès, il semble bien que depuis quelques années le cinéma piétine sur place et cherche difficilement sa voie. Ou plutôt, il cherche instinctivement plusieurs voies, et l'erreur générale vient de ce que les producteurs de films s'efforcent de gagner le plus d'argent possible ; ils partent donc de l'idée naïve que, pour obtenir ce résultat, il importe d'abord de faire une avance de fonds très importante. Le danger du cinéma est d'être presque uniquement considéré comme une affaire : que serait l'art si, depuis qu'il existe, il avait été soumis à cette unique conception ?"


"Par ailleurs, la publicité et le goût du public s'étant mis d'accord pour exalter le rôle des "stars", le film est le plus souvent un simple moyen de mettre en valeur l'une ou l'autre de ces fugitives étoiles. C'est ainsi que d'excellentes productions ayant consacré, à l'origine, la physionomie de Greta Garbo et de Marlène Dietrich, nous avons vu depuis ces deux artistes dans un certain nombre de films sans intérêt, où elles se sont usées. Car cette idolâtrie de la "star" n'est pas assez forte pour obtenir des producteurs qu'ils cherchent à donner à leurs favorites un groupement de scènes et d'images dignes d'elles. Tout au contraire, ils n'ont souci que de les vulgariser et des rendre plaisantes à un public de plus en plus vaste pour lequel on les force à se sacrifier peu à peu. Après quoi on les jette au panier de l'oubli et on recommence avec d'autres, sans vouloir comprendre que leur qualité aurait exigé au contraire un ensemble de qualité et non l'obéissance passive de ces femmes à un type d'entreprise que le caprice des succès inattendus modifie chaque trimestre."


"Ces circonstances et bien d'autres pèsent lourdement sur le cinéma et entravent son évolution. Ceux qui l'ont aimé avec un plaisir sincère et sans fanatisme ne peuvent ps ne pas observer cette paralysie avec une certaine inquiétude. Ce n'est pas qu'il n'y est de temps en temps de bons films, mais on attendait de cet art si neuf et si fécond autre chose que des réussites isolées et rares, rendues plus rares par l'invraisemblable abondance des sornettes courantes."

mercredi 7 octobre 2009

Martine Stedil, actrice pour Jess Franco

Martine Stedil Jess Franco
En quelques mois, de 1975 à 1976, Martine Stedil a joué dans cinq films de Jess Franco avant de disparaître à jamais des écrans. D'où venait-elle, quand est-elle née, qu'est-elle devenue ? Autant de questions qui restent pour l'instant sans réponses. Une fois n'est pas coutume, le bon Jess Franco avait trouvé une actrice très belle qui malheureusement ne trouva ou ne chercha pas d'autres rôles par la suite. Le mystère reste complet. Reste un visage aux traits fins, aux yeux clairs et à la plastique à jamais intacte.

Martine Stedil Jess Franco
Martine Stedil Jess Franco
Martine Stedil Jess FrancoGros plans à la Jess Franco sur le visage de Martine Stedil.

Martine Stedil apparaît pour la première fois dans Frauengefängnis (Femmes en cage en français), un Women In Prison où la pauvre Martine joue le rôle de Bertha Contrini, incarcérée pour des motifs obscurs dans une prison gérée par des émules néo-nazis lubriques et sadiques. Dans une scène mémorable, la gardienne en chef (jouée par Monica Swinn) délaisse la lecture d'un livre d'Albert Speer pour se livrer à une séance sadomasochiste avec l'innocente Martine Stedil, forcée de frapper de toutes ses forces une gardienne émoustillée en roue libre.

Martine Stedil Jess FrancoMartine Stedil flippe en prison.

Martine Stedil enchaîne avec ce qui est sûrement son meilleur rôle dans Downtown (Les Putains de la ville basse en français). Dans ce thriller érotique, elle interprète Lola, la complice de Cynthia (Lina Romay !), une jeune femme qui entraîne un détective privé dans une histoire de chantage et de meurtre. Le détective privé, Al Pereira, personnage récurrent dans l'œuvre de Franco est interprété par Jess Franco lui-même. Martine Stedil incarne ici une femme fatale, amante de Lina Romay, qui n'hésite pas à draguer le bon père Franco pour mieux le rouler dans la farine. A noter que la Stedil est ici créditée sous le nom de Martina Domingo.

Martine Stedil Jess FrancoMartina Domingo alias Martine Stedil et Frank Manera alias Jess Franco.

Martine Stedil nude Jess Franco
Martine Stedil lina Romay Jess FrancoLe trio Jess Franco, Lina Romay et Martine Stedil.

Martine Stedil NudeMartine Stedil songeuse.

Pour son troisième film, Martine Stedil retrouve le milieu carcéral dans Women Behind Bars (Des Diamants pour l'Enfer en français). Au Royaume-Uni, ce film, classé dans la liste des 76 "nasty videos" en 1984, fait toujours partie des 10 films interdits de distribution, en partie sûrement parce qu'aucun distributeur n'a dû émettre le souhait de le rééditer en DVD. La scène qui a mis en fureur les censeurs britanniques est une scène de torture dans laquelle Lina Romay reçoit des décharges électriques dans son anatomie la plus intime. Sacré Franco ! Dans ce film, Martine Stedil joue le rôle d'une prisonnière qui jouit d'une relative impunité parce qu'elle est l'amante du directeur de la prison. En échange d'une remise de peine, elle va tout faire pour courtiser Lina Romay et découvrir où elle a caché une valise remplie de diamants. Mauvaise Mata-Hari, Martine finira étranglée par une Lina Romay rancunière et en furie après sa séance de torture électrifiée.

Martine Stedil Jess FrancoRick Deconnink alias Jess Franco.

Martine Stedil NudeMartine Steed alias Martine Stedil.

Martine Stedil Lina Romay Jess FrancoLina Romay et Martine Stedil : pause cigarette en prison.

Martine Stedil Nude Jess FrancoMartine Stedil : maîtresse de directeur de prison. Sa dévotion ne lui fait pas renouveler sa garde-robe.

Dans Die Sklavinnen (Les Flagellées de la Cellule 69 en français), Martine Stedil subit une fois de plus les tourments de Lina Romay : lutte sans fin entre la blonde victime et la brune tortionnaire ! Lina Romay, une tenancière de bordel, charme Martine Stedil avant de la droguer, de l'hypnotiser et d'en faire une esclave sexuelle. Les motivations de Lina Romay sont aussi obscures que le scénario du film mais la pauvre Martina Stedil passe ici presque tout le film dans le plus simple appareil avant de se retrouver, sans que l'on sache ni pourquoi ni comment, morte, nue, au pied d'une falaise.

Martine Stedil Nude Jess Franco
Martine Stedil Nude Jess Franco
Martine Stedil Lina RomayLina Romay et Martine Stedil : jeu de séduction.

Pour son dernier film, Doriana Gray, Martine Stedil ne fait qu'une courte apparition où elle se retrouve violée et assassinée par Lina Romay, plus vampire que jamais. Pour le dernier plan de sa carrière, la Stedil se retrouve donc allongée morte et nue sur un lit, les yeux clos. Dommage, on aurait bien aimé la revoir.

Martine Stedil Downtown Jess FrancoPremière apparition de la robe bleue dans Downtown.

Martine Stedil Sklavinnen Jess FrancoDeuxième apparition de la robe bleue dans Die Sklavinnen.

Martine Stedil Doriana Gray Jess  FrancoTroisième apparition de la robe bleue dans Doriana Gray.

Lina Romay Jess Franco Women Behind BarsQuatrième apparition de la robe bleue : Lina Romay a volé son costume à Martine Stedil dans Women Behind Bars.

mardi 6 octobre 2009

Takashi Miike - Yatterman (2009)


Premier film de Takashi Miike sorti en 2009 (avant Crows Zero II, tout aussi inintéressant et ennuyeux que son prédécesseur Crows Zero mais véritable succès au Japon), Yatterman est l'adaptation cinématographique d'un dessin-animé de la fin des années 1970. Yatterman est un duo de super-héros composé du couple d'adolescents Gan-chan et Ai-chan. Ils se battent contre un trio de voleurs composé de la superbe Doronjo et de ses complices Boyakki et Tonzura. Ces derniers, mandatés par le Dieu des voleurs, ont pour mission de réunir les quatre morceaux d'un crâne magique permettant de détruire le temps. S'ensuit une lutte armée et kitschissime entre les Yatterman et le trio de voleurs.

Le duo Yatterman en pleine pose.

Le trio des voleurs et leurs costumes ridicules.

Après Zebraman en 2004, un épisode de la série Ultraman et The Great Yokaï War en 2005, c'est la quatrième fois que Takashi Miike met en scène des "films pour enfants" basés sur des super-héros ou des mondes magiques. Ce genre de films est en général un gros succès au Japon d'autant plus que Yatterman compte dans ses acteurs deux "idoles" de pop japonaise, Sho Sakurai (le Yatterman Gan-chan) et Kyoko Fukada (la voleuse Doronjo). Cette dernière a notamment joué dans Ring 2 d'Hideo Nakata (1998) et Dolls de Takeshi Kitano (2002).




Scène de bain : la sublime Kyoko Fukada et son vernis à ongles haut de gamme.

Loin d'être un film essentiel de Takashi Miike comme Bird People in China, Audition ou Dead or Alive 2, Yatterman est une bonne comédie déjantée dont le ton et l'humour nippons sont difficilement exploitables en Occident. Ce qui est sûrement une des raisons de la non distribution du film en France (de toute façon, les distributeurs français se fichent pas mal du cinéma japonais).


Kyoko Fukada, une beauté plus ou moins masquée...

D'un point de vue occidental, les costumes, les gadgets technologiques et l'histoire elle-même peuvent paraître totalement ridicules, grotesques et abêtissantes. D'un autre point de vue, on reconnaît l'ironie et le second degré chers à Takashi Miike. Pourtant, l'ironie et le ridicule sont inhérents à la série Yatterman elle-même. C'est l'humour des mangas. C'est ainsi que, croyant le film tout public et même orienté pour les enfants, l'Occidental s'étonnera des nombreuses blagues et allusions sexuelles : le côté pervers du voleur Boyakki, toujours prompt à peloter la poitrine de Doronjo dont il est amoureux ; le côté potache où Boyakki perd son pantalon devant tout le monde ; le châtiment du Dieu des voleurs à Doronjo, obligée de montrer son corps nu à ces deux complices ; la scène ou Gan-chan suce le poison d'une morsure de scorpion sur la cuisse d'une jeune fille ; et enfin le robot géant aux seins "mitraillette" et "lance-missiles".

Le robot aux seins "lance-missiles".

Ci-dessous la bande-annonce de Yatterman.



Pete Doherty au Zénith (05.10.2009)




Nouvelle date de Pete Doherty à Paris pour soutenir son album solo Grace/Wastelands après ses deux excellents concerts du Bataclan les 9 et 10 mars derniers). En première partie, Adam Ficek, le batteur des Babyshambles et unique membre du groupe Roses Kings Castles, livre un concert acoustique de 15 minutes avant de laisser la place à Dot Allison, elle aussi seule à la guitare, qui interprète des morceaux de son dernier album Room 7 1/2, ainsi que "Teardrop" de Massive Attack.

Dot Allison : Room 7 1/2.

S'ensuit un concert de Graham Coxon, ancien guitariste de Blur, guitariste sur l'album solo de Pete Doherty et auteur du récent album Spinning Top. Soutenu par un groupe batterie/basse/choristes, Graham Coxon, une personnification possible de l'anti-charisme, commence à la guitare acoustique avant de se mettre à l'électricité et de délivrer des soli bruitistes dans le style de Sonic Youth (et des albums de Blur : Blur et 13) noyés dans les pédales d'effets et la saturation. Un bon concert de 30 minutes.

Graham Coxon : un excellent guitariste.

A 21h50, le public s'impatiente et on entend les inévitables personnes lourdingues du public (des filles et des mineurs, parfois les deux en même temps) s'emporter contre Pete Doherty et ses annulations de concerts (tout en sachant qu'en France, à part le premier concert de Babyshambles au Bataclan en 2006, commencé à 23h, et à part une annulation au Grand Rex en 2008 à cause d'une défaillance de l'Eurostar, Pete Doherty n'a jamais raté un concert à Paris). Finalement, l'artiste arrive sur scène sous les cris hystériques de ceux, surtout celles, qui proféraient des propos menaçants à son encontre cinq minutes auparavant. Les gens sont formidables. Après quelques mouvements de foule violents et toujours sympathiques qui font le ménage dans les premiers rangs (les moins de 12 ans décident sagement de rejoindre les gradins), le public se calme et peut alors se livrer à cette véritable plaie des concerts : sortir son téléphone portable et filmer le concert au lieu de le regarder. A part ça, le concert est bon mais moins transcendant que ceux du Bataclan. De fait, le Zénith est une salle trop grande dépourvue de caractère, et la voix du chanteur est tantôt inaudible tantôt noyée dans un écho pénible. Une solution : qu'on détruise le Zénith ou qu'on embauche de véritables ingénieurs du son.

Setlist initiale du concert : finalement, "Palace of Bone", "New Love Grows on Trees", "What Katie Did" et "Through the Looking Glass" ne seront pas jouées. Too bad.

Comme pour les concerts du Bataclan, Pete Doherty est entouré d'un groupe et d'un trio à cordes. On remarque que le producteur Stephen Street joue de la guitare sur presque tous les morceaux. Les meilleurs moments sont incontestablement l'enchaînement de "32nd of December" et "A Rebours" du premier album des Babyshambles, Down In Albion, et le rappel : "Bollywood to Battersea", "Time for Heroes", dédicacée à John et Sean Lennon, et l'inévitable "Fuck Forever" où Pete monte sur la batterie d'Adam Ficek avant de s'y vautrer. Destroy and funny. Ni excellent ni mauvais, ce concert est en partie gâché par une salle froide inadéquate à des concerts et un manque d'engagement de Pete Doherty, visiblement distant. Vivement le prochain Bataclan.


Setlist:
1) Last of the English Roses
2) A Little Death around the Eyes
3) Salomé
4) For Lovers
5) Back From the Dead
6) Lady Don't Fall Backwards
7) Ballad of Grimaldi (solo)
8) Forever Blowing Bubbles (solo)
9) Don't Look Back Into the Sun (solo)
10) Music When the Lights Go Out (solo)
11) Aracadie
12) 1939 Returning
13) Sheepskin Tearaway (avec Dot Allison)
14) 32nd of December
15) A Rebours
16) Sweet By and By
17) Broken Love Song
18) Albion
19) Bollywood to Battersea
20) Time For Heroes
21) Fuck Forever

jeudi 1 octobre 2009

Nabe parle du Professeur Choron




Dans Choron Dernière de Pierre Carles et Martin, Marc-Édouard Nabe donne son avis sur celui qu'il considère comme un "mystique de la subversion". Morceaux choisis dans la vidéo ci-dessous.


Marc Édouard Nabe et Phillipe Vuillemin.

Dans son Journal Intime, Marc-Édouard Nabe évoque à de nombreuses reprises ses soirées passées avec Choron. Nabe retranscrit les monologues et les saillies du Professeur. En voici deux extraits. Violent et jubilatoire !

Le 6 novembre 1984, dans les locaux de Hara-Kiri :

"Les crève-la-fin du tiers monde ? Qu'ils crèvent ! Assez de charité, de pitié, de crasse chrétienne... Les affamés nous emmerdent. Rien à bouffer, ça les empêche pas de baiser ! Le "Secours catholique" de mes couilles les encourage ! Vingt-six camions affrétés et pas un seul plein de foin pour les chèvres du Sahel ? Je dis que l'homme pense toujours à l'homme : qu'il crève !

"Moi j'ai connu des avaleurs de sabres. Place de Bastille, je peux devenir avaleur de saucisses au tiers monde, je te fais un spectacle ! En plein Sahel, je viens apporter la distraction, avec simplement une saucisse ! J'avalais les saucisses boulevard Saint-Germain. Aucun succès. Je suis allé en Érythrée : un triomphe ! Y a que les nègres qui ont de l'humour !

"Encore une ? J'avale une saucisse ! Jetez vos pièces ! Jetez vos pièces ! Y a pas de pièces ? Très bien, j'en mange une autre ! Ah ! Je fais salle comble ! Je fais désert comble !"

Choron et Nabe à l'abordage de la télévision !

[plus loin, Choron se lance dans une ritournelle]

Je ne suis pas un père inceste
Mais quand ma fille me branle
Je bande.

Je n'ai pas de mauvaises pensées
Mais quand ma fille me suce
Je bande.

Je ne suis pas pédé pour deux ronds
Mais quand mon frère m'encule
Je bande.

Je ne suis pas pour l'amour des animaux
Mais quand mon chien me lèche
Je bande.

[puis une colère contre Gandhi]

"Ce gros con de Gandhi ! Le non-violent ! Toujours un bâton à la main. Gandhi et son bâton, qui tape sur tout le monde : "laissez-moi passer !" Non-violent et végétarien de merde ! C'est les carottes qui l'ont assassiné. Elles lui en voulaient à mort. Gandhi a été assassiné par une carotte : il l'a pas volé !..."


Le 13 novembre 1984, sur la participation de Nabe à une émission de Michel Polac :

"Qu'est-ce que tu vas faire dans des émissions de gros cons, Nabe ? Tu ne vois pas que c'est un piège ? Ça t'amuse ? Tu as perdu deux heures, tu n'as rien dit, tu étais au milieu des connards, avec ce rondouillard de Polac qui se croit cultivé parce qu'il est allé à l'école ! Mais il faudrait les empêcher d'apprendre à lire et à écrire à ces mecs-là ! Cette fausse culture de merde ! Le gros con de Sollers ! La connasse de Laforêt qui se croit forte de dire "Je vous emmerde" alors que jamais elle n'a dit de gros mots dans ses chansons de merde ! Et ce jeune con à côté de toi ! On ne voyait même pas ta femme ! Je pensais me branler en regardant la femme à Zanini chez Polac ! Même pas ! Tu n'as pas pu parler : on te fait venir par bonne conscience ; il n'y a même pas ton nom écrit dessous ! T'as un abonnement ou quoi ? Va pas te faire chier chez Polac, espèce de con !"