jeudi 27 octobre 2011

Sono Sion - I Am Keiko (1997)

Sono Sion I Am Keiko
En 1997, le réalisateur nippon Sono Sion réalise I Am Keiko (Keiko Desukedo), après un hiatus de cinq ans au cours duquel il s'est investi dans le mouvement de poésie urbaine d'avant-garde Tokyo GAGAGA. C'est son premier long-métrage depuis The Room (1992). pour en savoir plus sur la biographie, lire cet entretien-fleuve réalisé en février 2010.

Sono Sion I Am KeikoPremier plan du film : Keiko Suzuki.

Sono Sion I Am KeikoHommage à la France ? Un paquet de Gauloises bleues traîne sur la table.

Pour qui a déjà les films comme Suicide Club (2001), Love Exposure (2008) ou Cold Fish (2010), il sera impossible de déceler la "patte" de Sono Sion. Proche de son premier court-métrage I Am Sono Sion ! (1985, dont voici un extrait dans lequel un Sono Sion hystérique se fait tondre le crâne), c'est-à-dire assez expérimental, I Am Keiko a la particularité de mettre en scène une seule actrice, Keiko Suzuki, une jeune fille cloîtrée dans son appartement et obsédée par le temps qui passe (il y a un réveil ou une horloge dans la plupart des plans). A la mort de son père, la jeune femme se met soudainement à enregistrer chaque minute de ses trois dernières semaines précédant son 22ème anniversaire.

Sono Sion I Am KeikoLe réveil : objet fétiche du film.

Sono Sion I Am KeikoUn appartement épuré.

Sono Sion I Am KeikoLèvres de Keiko. Quel jour étrange.

Sono Sion I Am KeikoJohnny Thunders chante : "Get off the phone".

Sono Sion I Am Keiko
Le travelling du film : Keiko dans la neige.

Le film consiste en une succession de plans fixes : un premier plan fixe de quatre minutes sur le visage, de face, de Keiko versant une larme ; puis un plan fixe de six minutes sur un réveil rouge, avec la voix de Keiko qui explique qu'elle est née le 8 décembre 1973 à 0:12 et qu'elle aura 22 ans dans trois semaines. Keiko compte à plusieurs reprises jusqu'à 60. I Am Keiko est le film parfait pour apprendre à compter jusqu'à 60 en japonais. Il ne se passe pas grand chose dans le film puisqu'il ne se passe pas grand chose dans la vie de Keiko. Les plans fixes s'accumulent. Pour rompre la monotonie, Sono Sion et en scène une semaine de Keiko en imaginant une parodie de journal TV dans lequel une Keiko déguisée raconte ses journées. L'avant-dernière scène est un travelling de plus de sept minutes dans lequel Keiko marche dans la neige, un parapluie rouge à la main. Le film se termine par le plan fixe du réveil rouge et le décompte de la fin du film.

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Dans une parodie de journal TV, Keiko raconte un de ses journées.

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