samedi 19 décembre 2009

Johnnie To - Vengeance (2009)


Vengeance ou : quand Johnnie (To) rencontre Johnny (Hallyday), chanteur et acteur belge franco-suisse ex-quasi monégasque. Johnny, quoi. Dans ce film sorti en grandes pompes au Festival de Cannes, Johnny Hallyday reprend un rôle initialement prévu pour Alain Delon, qui a décliné la proposition après la lecture du scénario. Il a pourtant accepté de jouer dans Astérix aux Jeux Olympiques. Pour le coup, il n’avait pas dû lire le scénario. Étrange personnage que Delon.



Le scénario est simple : héros vieilli et malade, Costello (même nom que le héros du Samouraï de Jean-Pierre Melville, interprété par Alain Delon à l’époque…) veut venger le massacre de la famille de sa fille à Hong-Kong. Pour parvenir à ses fins, il engage trois tueurs professionnels rencontrés par hasard dans son hôtel lors de l’exécution d’un contrat. La vengeance commence.


L'ambiance se veut ici familiale et bon enfant, comme dans bon nombre de films de Johnnie To (les fameux "potes gangsters"...). Sur un scénario écrit par l'habituel Wai Ka Fai, To tourne avec ses acteurs habituels : Anthony Wong, Lam Ka-tung, Lam Suet et Simon Yam. La première moitié du film est très classique avec un scénario bien ficelé mais prévisible. C’est justement quand on se dit que tout est trop prévisible que le film prend toute sa dimension et son originalité. On assiste alors à une scène de fusillade haut-de-gamme et novatrice dans une déchetterie aux abords de Macao (Johnnie To réinvente au moins une fois par film les fusillades, on se demande où il va chercher tout ça), un revirement complètement mystique de Johnny Hallyday et une question éthique pour gangsters : « qu’est-ce que la vengeance ? »


Au final, Vengeance est un bon polar, avec pas mal de temps morts et un rythme assez lent mais une bonne ambiance. Les dialogues sont réduits au strict minimum, Johnny Hallyday n’a presque aucun dialogue. To préfère faire parler un gros plan sur un flingue ou sur le regard d'un Johnny. monolithique. On retrouve les scènes habituelles chez To : la cuisine, la bouffe, la préparation des flingues, les défis d’adresse au tir entre gangsters, les fusillades en plein air ou dans des immeubles exigus, les opérations chirurgicales clandestines et les planques en milieu rural. Le tout emballé par une maîtrise de la mise scène qui n’étonne plus personne (par habitude de l’excellence) mais qui n’est pas à la portée du premier chien coiffé. Johnnie To est décidément un très grand réalisateur.

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Bombance, duel d'adresse et taquinerie entre tueurs à gages : une scène 100% Johnnie To.

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